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Discours du Premier ministre Viktor Orbán à l’événement national de commémoration du 500e anniversaire du début de la Réforme

Publié sur le site du gouvernement hongrois le 3 novembre 2017 à 10:00.

Par Viktor Orbán

31 octobre 2017, Budapest

Excellences, éminents invités, chers frères et sœurs,

Les responsables de notre Eglise m’ont demandé de m’adresser à vous aujourd’hui. Il ne fait aucun doute qu’ils me l’ont demandé parce qu’ils ressentaient que c’était juste que, lors du rassemblement final de ce 500e anniversaire, je puisse parler au nom du gouvernement hongrois – à la fois en tant que Premier ministre et membre de l’Eglise Réformée. La tradition est une force irrésistible – particulièrement aujourd’hui, quatre-vingt-neuf ans jour pour jour après que des forces antichrétiennes ont assassiné István Tisza, un grand Premier ministre et membre de l’Eglise Réformée. En plus de notre respect pour la tradition, cet anniversaire nous offre également l’occasion de clarifier, de discuter et de tirer des conclusions sur les leçons que la Réforme donne au sujet des affaires publiques, l’administration de l’Etat et la construction de la nation. C’est ce dont je voudrais parler maintenant ; et en raison des contraintes de temps, je le ferai de la manière que je viens juste d’apprendre de l’évêque Steinbach ; je n’expliquerai pas les choses, je me contenterai simplement de les dire. Servir les gens est une tâche au moins aussi difficile dans le gouvernement que dans l’Eglise, et c’est pourquoi je suis personnellement reconnaissant pour tout le soutien que nous recevons de nos communautés spirituelles et intellectuelles, de vous Protestants, et naturellement aussi de nos frères et sœurs catholiques. Dans les dernières décennies j’ai aussi appris que la prière est la forme la plus élevée de ce soutien. Merci de vos prières.
Comme nos vies et notre travail sont gouvernés par une force et une puissance qui sont plus élevées que nous, cela fait aussi partie d’un ordre plus élevé des choses qu’avant notre célébration nous ayons un culte d’adoration – après lequel seulement nous nous tournons vers les affaires séculières. Le monde n’a pas commencé avec nous, mais au commencement de nos vies se trouve le même ordre divin qui a créé l’homme et lui a donné un lieu et un moment. Le lieu pour nous est le Bassin des Carpathes, le cœur de l’Europe. Le moment se trouve deux mille ans après la naissance de Christ, mille ans après la décision de notre premier roi de ce que lui et son peuple deviendraient chrétiens, et cinq cent ans après la révolution spirituelle et intellectuelle qui a ravivé la foi chrétienne. Ce sont là notre lieu et notre moment. Les enseignements de Dieu nous ont amenés à voir non pas une pure coïncidence ou un caprice du destin dans le fait que, ici et maintenant, il y a un gouvernement chrétien obéissant à la foi qui dirige la Hongrie, mais à y voir une manifestation de la miséricorde de Dieu. Nous croyons que, après une période de gouvernance internationaliste antichrétienne, la Hongrie a besoin d’une période de gouvernance qui cherche à suivre des valeurs chrétiennes ; et nous acceptons cette tâche. Cette conviction nous est confirmée maintenant par le fait que les citoyens hongrois ont décidé de nous accorder un second mandat. Nous sommes reconnaissants pour le fait que la nation a uni ses efforts, s’est redressée et s’est affermie. Nous sommes reconnaissants pour le fait qu’elle a retrouvé sa vitalité, sa capacité d’action et le désir de faire de grandes choses. Nous sommes reconnaissants de ce que, au lieu de laisser le courant la porter, elle ait choisi un point cardinal de la boussole et un point de référence, elle ait tracé la voie, et qu’elle soit en train de créer un chemin pour sa propre vie. Nous croyons que c’est un privilège que dans ce renouveau la providence nous ait utilisés comme un véhicule : nos églises, le gouvernement et les communautés libres de citoyens hongrois à travers tout le Bassin des Carpathes. Nous sommes reconnaissants de ce que la miséricorde divine ait suppléé à notre faiblesse et à notre manque de force, et annulé nos erreurs. Nous voyons également comme une manifestation du secours de Dieu le fait que, bien que nous ayons à nous confronter à des forces majeures – et même des forces globales – nous puissions encore tenir debout, et que nous nous tenions toujours sur nos pieds. Nous croyons qu’il relève de l’essence de notre responsabilité, ordonnés dans nos devoirs gouvernementaux, de préserver l’approche de la vie qui, basée sur les enseignements de Christ, a fait la grandeur de l’Europe et des Hongrois, nous a protégés dans des temps de péril et nous a secourus à travers des crises spirituelles, intellectuelles et nationales.

Mesdames et Messieurs,

Nous ne faisons pas de confusion entre notre appel et la mission de nos Eglises. Notre appel est de protéger les modes de vie qui trouvent leurs racines dans le christianisme. Nous défendons la dignité humaine, nous défendons les familles, nous défendons la nation, et nous défendons nos communautés de foi. Il ne s’agit pas d’une tâche simple pour nous, mais d’un devoir et d’un appel que nous devons accomplir du mieux de nos capacités. Nous pouvons voir que le peuple hongrois et l’Europe chrétienne ont besoin d’un renouveau spirituel et intellectuel. Pour notre part, nous prenons la part qui nous est assignée en tant que peuple libre, par notre volonté libre, par une libre résolution. Les Ecritures, aussi, nous enseignent – et nos expériences dans le gouvernement nous le confirment – que nous ne devrions jamais mettre l’âme en opposition avec le corps ; nous ne devrions jamais mettre nos besoins financiers et sociaux en opposition avec notre croissance spirituelle et intellectuelle. Alors que nous travaillons à permettre aux Hongrois de vivre décemment, nous faisons aussi des efforts pour leur permettre de vivre une vie plus juste, plus heureuse et plus prospère, avec des cœurs remplis de joie. La Réforme nous a aussi enseignés que nous ne devrions jamais opposer une vie humaine bonne et belle à une vie servant la gloire de Dieu. Ce qui sert la gloire de Dieu est ce qu’il y a de meilleur pour le peuple – c’est en effet le bien ultime.
Nous voulons non seulement un avenir dans lequel tous possèdent un travail – nous avons presque atteint ce but – mais aussi un avenir où la gloire de Dieu sera également célébrée par toute forme de travail : depuis le balayage des rues jusqu’à la gouvernance du pays. Adorer sincèrement Dieu et servir les hommes. Les contours sont d’ores et déjà visibles : des ponts se construisent sur le Danube, en même temps que des universités hongroises en Transylvanie et des centaines de garderies à travers tout le Bassin des Carpathes ; et les régions du Felvidék, de la Transcarpathie, de la Vojvodine et de la Transylvanie célèbrent aussi ce jour ensemble. La réalité d’une unification paisible de la nation au-delà des frontières devient visible. Néanmoins, la force biblique millénaire – qui, il y a cinq cent ans, a acquis un élan si considérable qu’elle a atteint même le foyer hongrois le plus minuscule – nous donne aujourd’hui une tâche supplémentaire. Ceux qui nous ont précédés ont dû se battre pour accomplir cette tâche, mais avec un échec presque total. Nous savons que la vérité libère. Nous l’avons expérimenté dans les épreuves spirituelles et les tribulations et dans nos combats pour la liberté, mais nous avons encore à apprendre comment ensemble – plutôt qu’en nous entredéchirant entre nous – nous pouvons représenter la vérité que nous avons reconnue. Pour la grande unification finale de notre nation, nous aurons besoin de la vérité qui non seulement nous libère, mais aussi nous garde ensemble et unit non seulement les composantes de notre nation mais aussi les âmes hongroises.

Mesdames et Messieurs,

J’espère sincèrement qu’il est possible de célébrer aussi la Réforme comme quelque chose qui non seulement a conduit à une dénomination – une partie de la communauté – mais bien plus comme un appel commun donné à nous Hongrois. De manière ultime, nous luttons et prions ensemble en vue de recevoir la bénédiction de Dieu sur les Hongrois.

Merci de votre attention.

Que Dieu sauve la Hongrie ! Soli Deo gloria!

(Bureau du Cabinet du Premier ministre)

Source : http://www.kormany.hu/en/the-prime-minister/the-prime-minister-s-speeches/prime-minister-viktor-orban-s-speech-at-the-national-event-commemorating-the-500th-anniversary-of-the-beginning-of-the-reformation

Autre article à lire : Le premier ministre hongrois rallie les chrétiens et donne une indigestion aux élites de l’UE – Par Austin Ruse.

 

 

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