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Des nations chrétiennes ou le fondement allianciel biblique du droit. Une réflexion de philosophie politique chrétienne – Lettre de Jean-Marc Berthoud à Francis A. Schaeffer

Il me semble que le débat engagé sur cette question du consensus chrétien avec nos frères évangéliques américains n’est pas d’abord de nature historique. Il s’agirait bien plutôt d’un désaccord fondamental de nature théologique. La question n’est pas : « Y avait-il un consensus chrétien dans les colonies américaines à l’époque de la guerre d’Indépendance ? » mais plutôt : « Y a-t-il jamais eu, peut-il jamais y avoir dans ce monde méchant et déchu, un consensus chrétien dans une nation ? » Nous verrons sans doute ces mêmes évangéliques s’opposer à l’idée qu’une nation chrétienne soit possible, c’est-à-dire qu’une nation puisse être influencée par la loi chrétienne jusque dans ses structures juridiques et politiques. La notion de chrétienté leur est totalement réfractaire. Pour eux, ce qu’ils appellent « l’Eglise constantinienne » est sans doute la pire des corruptions du christianisme. Cette perspective historique et théologique est évidemment accompagnée d’une notion foncièrement individualiste tant du salut que de la vie en société, et d’une méconnaissance complète de l’idée biblique, si importante, d’alliance divine. Le Dieu de ces chrétiens ne semble pas être le Seigneur des seigneurs, le Maître souverain des nations ou le Créateur et le Sustentateur de l’univers. Ainsi est éliminée à priori toute possibilité même d’une vision économique, politique, juridique ou sociologique fondée sur la loi de Dieu. Mais quoi que puissent dire ou faire les hommes, Dieu demeure le Seigneur souverain de toutes ses créatures.