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Ce que cela signifie d’être chrétien dans le monde

Par Gary DeMar

De nombreux chrétiens se triturent les méninges au sujet de plusieurs questions difficiles concernant la manière dont ils doivent réagir à ce qui se passe dans le monde. Ce n’est pas dû à un manque d’intelligence, mais à un manque d’enseignement et à une vision étroite de ce que signifie être chrétien dans le monde.

Le monde est devenu plus compliqué. Dans un sens, il nous a dépassés. Nous n’avons pas suivi ce qui se passait, sauf par bribes. Au lieu de montrer la voie comme l’ont fait les chrétiens dans le passé, lorsque la civilisation était définie comme étant la chrétienté, nous sommes devenus réactionnaires face aux incroyants qui ont adopté les catégories issues de la vision biblique du monde et de la vie du christianisme et les ont transformées en un dieu séculier.

La gouverneure démocrate de New York, Kathy Hochul, qui a remplacé Andrew Cuomo après sa démission suite à des accusations de harcèlement sexuel, a déclaré lors d’un discours [n.d.t. : donné le 26 septembre 2021] devant le Christian Cultural Center de Brooklyn que les personnes qui n’ont pas reçu le vaccin contre le coronavirus « n’écoutent pas Dieu ». Mais lorsqu’il s’agit de tuer des bébés dans le sein maternel ou de soutenir le mariage homosexuel, ne vous avisez pas de mentionner la Bible. « Gardez votre religion hors de mon corps », nous a-t-on dit. Mais lorsque les intérêts de l’État déifié sont menacés, leur vision de dieu devient un sauveur à vénérer et une massue à brandir contre toute opposition.

Un athée est un « intrus sur le territoire de Dieu ». Tout ce qu’il utilise pour construire son système a été volé sur le « chantier » de Dieu. L’incroyant est comme la petite fille qui doit monter sur les genoux de son père pour le gifler….. (L’incroyant doit se servir du monde tel qu’il a été créé par Dieu pour essayer de faire tomber Dieu de son trône) » [1]. Il est triste que tant de chrétiens ne comprennent pas ce principe, qui est pourtant la seule façon de donner un sens au monde.

Francis A. Schaeffer (1912-1984) comprenait ce principe (étant un étudiant de Cornelius Van Til) même s’il ne l’a pas toujours appliqué de manière cohérente.

Mais si je vis dans un monde de non-absolus et que je combats l’injustice sociale selon l’humeur du moment, comment puis-je établir ce qu’est la justice sociale ? Quel critère ai-je pour distinguer le bien du mal afin de savoir ce que je dois combattre ? N’est-il pas possible que je puisse en fait acquiescer au mal et éradiquer le bien ? Le mot « amour » ne peut pas me dire comment discerner, car dans le cadre humaniste, l’amour ne peut avoir aucune signification définie. Mais une fois que j’ai compris que le Christ qui est venu mourir pour mettre fin au « fléau » a à la fois pleuré et été en colère contre les effets de ce fléau, j’ai une raison de lutter qui ne repose pas simplement sur ma disposition momentanée ni sur le consensus changeant des hommes.

Mais le chrétien a également besoin d’être interpellé à ce stade. Le fait qu’il soit le seul à disposer d’une norme suffisante pour combattre le mal ne signifie pas qu’il le fera. Le chrétien est le véritable radical de notre génération, car il s’oppose au concept moderne et monolithique de la vérité comme étant relative. Mais trop souvent, au lieu d’être radical et de s’opposer aux sables mouvants du relativisme, il se contente de maintenir le statu quo. S’il est vrai que le mal est le mal, que Dieu le hait jusqu’à la croix, et qu’il y a une loi morale définie dans ce que Dieu est en Lui-même, alors les chrétiens devraient être les premiers sur le terrain contre ce qui est mal – y compris l’inhumanité de l’homme envers l’homme.

Francis A. Schaeffer, The God Who Is There [2].

Schaeffer a déclaré que « si l’homme non sauvé était cohérent avec sa prétention à l’autonomie de l’esprit et des lois, il serait athée en religion, irrationaliste en philosophie (ce qui inclut une incertitude totale concernant les « lois naturelles »), et complètement amoral dans le sens le plus large » [3].

Notes

[1] John A. Fielding III, « The Brute Facts: An Introduction of the Theology and Apologetics of Cornelius Van Til », The Christian Statesman 146:2 (mars-avril 2003), 30.

[2] Francis A. Schaeffer, The God Who Is There, 118.

[3] Francis Schaeffer, « A Review of a Review« , dans The Bible Today (octobre 1948), 7-9 : https://www.pcahistory.org/documents/schaefferreview.html.

Source : https://americanvision.org/posts/what-it-means-to-be-a-christian-in-the-world/

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