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Dans une tribune, 300 intellectuels se disent «atterrés» par le reconfinement.

30 octobre 2020

Dans une tribune, 300 intellectuels se disent «atterrés» par le reconfinement
© CHRISTIAN HARTMANN Source: Reuters Allocution télévisée d’Emmanuel Macron annonçant un reconfinement du territoire national le 28 octobre 2020 (image d’illustration).

Près de 300 personnalités ont signé le 29 octobre une tribune dans laquelle ils dénoncent la communication du gouvernement qui, selon eux, «dramatise indûment la réalité afin de justifier des mesures de confinement».

Dans une tribune publiée par le site d’information Regards.fr, près de 300 personnalités contestent l’utilité du confinement décidé à nouveau par le gouvernement depuis le 29 octobre. Ce texte, rédigé par le sociologue Laurent Mucchielli, et signé entre autres par Laurent Toubiana et Louis Fouché, dénonce la communication du gouvernement et la politique de santé d’Emmanuel Macron, notamment concernant l’hôpital public. Un deuxième confinement décidé après une nouvelle hausse des contaminations et des décès dans le pays avec près de 50 000 nouveaux cas de COVID-19 le 25 octobre.

Une tribune que son auteur estime, dans un tweet, avoir été «censurée» par certains médias.

Des chiffres contestés

C’est d’abord à la véracité des chiffres annoncés par le président de la République dans son allocution télévisée du 28 octobre que s’attaque l’auteur :

«La manipulation a encore opéré. La totalité des médias a titré sur les prétendus 523 morts : « Du jamais vu depuis le confinement ». Or ce chiffre était faux. Selon Santé Publique France, il y a eu 292 morts à l’hôpital le 27 octobre, contre 257 la veille (le 26) et 244 (en baisse donc) le 28. Mais l’on ajoute les morts en EHPAD qu’une fois tous les quatre jours en les cumulant. Prétendre compter les morts quotidiens ce jour-là revient donc à gonfler artificiellement les chiffres. Et c’est étonnamment ce qui s’est passé la veille de l’allocution annoncée du président de la République, qui a repris à son compte ce chiffre faux.»
Justifier le reconfinement de 67 millions de Français sur cette base s’appelle un délire.
La tribune s’attaque ensuite aux chiffres de Santé publique France : «Au cours de la période récente (entre le 1er septembre et le 20 octobre, jour où nous avons fait ce calcul), 7 621 098 personnes ont été testées. Sur cette même période, 38 100 individus ont été hospitalisés (0,5 %) et 6 593 ont été admis en réanimation (0,09 %) avec un test positif à la Covid. En d’autres termes, depuis le 1er septembre, sur cet énorme échantillon de la population de 7,6 millions, la probabilité moyenne pour un individu lambda (sans distinction d’âge ni de comorbidité) de ne pas être hospitalisé est de 99,5 % et celle de ne pas être admis en réanimation est de 99,91 %. Justifier le reconfinement de 67 millions de Français sur cette base s’appelle un délire.»

Accusations de «manipulations»

Le texte conteste ensuite l’idée d’un risque de submersion des services de réanimation lors d’une deuxième vague épidémique : «On dit alors : « Oui, mais l’hôpital est submergé par la Covid ». Manipulation encore […]. D’abord, les tests ayant été généralisés depuis juillet, toute personne entrant à l’hôpital porteuse d’une trace du Covid est comptée comme un « hospitalisé Covid » même si elle vient en réalité pour son cancer ou son hypertension. Et c’est la même chose si elle entre en réanimation ou si elle décède.»

Un Alzheimer généralisé s’est-il emparé de nos politiques et des journalistes ?

Et de questionner le positionnement médiatique sur ce sujet : «Ensuite, si les chiffres de l’hospitalisation et de la réanimation augmentent bel et bien, cela n’a rien d’exceptionnel : c’est au contraire ce qui se produit chaque année à la même époque (automne-hiver), mais que l’on fait semblant d’avoir oublié. Un Alzheimer généralisé s’est-il emparé de nos politiques et des journalistes ?»

Contre la politique de santé du gouvernement

Le sociologue dénonce en conclusion la politique de santé du gouvernement et conteste certaines de ses annonces jugées trop alarmistes et éloignées de la réalité : «Il y avait hier, le 28 octobre, 3 045 personnes en réanimation. Comment parler de saturation lorsque l’on se souvient que, fin août, le ministre de la Santé annonçait 12 000 lits disponibles si besoin (quatre fois plus donc). Où donc sont ces lits ?»

La vérité est que les gouvernements ne veulent pas investir dans l’hôpital public où l’on a perdu près de 70 000 lits en 15 ans.

Et de souligner la responsabilité politique dans la crise que traverse le secteur hospitalier : «La vérité est que les gouvernements ne veulent pas investir dans l’hôpital public où l’on maltraite les professionnels et où l’on a perdu près de 70 000 lits en 15 ans lors même que la médecine de ville est saturée et que les services d’urgence voient leur fréquentation augmenter d’année en année. Oui, l’hôpital est en tension, mais ce n’est pas fondamentalement à cause du Covid ! C’est essentiellement à cause de la maltraitance politique dont ce service public est l’objet de manière générale depuis plus de 20 ans, et tout particulièrement depuis que les politiques y ont introduit comme partout une politique du chiffre et de la rentabilité inspirée du management des grandes entreprises.»

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