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Ma réponse à l’article de John Piper « Paths to Ruin » – par Gary DeMar

Par Gary DeMar

Les pasteurs sont censés être des prophètes, non pas dans le sens de la prédiction, mais dans celui de la proclamation. Les prophètes de l’Ancien Testament ont critiqué les actions immorales des chefs religieux et civils d’Israël, et ils n’ont jamais été tendres à ce sujet (par exemple, Jér. 2:20 ; 3:1-3 ; Jér. 5:7-8).

Jésus était tout aussi critique et utilisait un langage sévère pour dénoncer l’établissement religieux de l’époque :

Jésus a dit :

« Race de vipères, comment pouvez-vous, vous qui êtes mauvais, dire quelque chose de bon ? » (Matt. 12:34.)

Et Jésus se retourna contre eux et dit :

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous dévorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l’apparence de longues prières ; à cause de cela, vous serez jugés plus sévèrement. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte ; et, quand il l’est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous. Malheur à vous, conducteurs aveugles ! Qui dites : si quelqu’un jure par le temple, ce n’est rien ; mais, si quelqu’un jure par l’or du temple, il est engagé. Insensés et aveugles ! Lequel est le plus grand, l’or, ou le temple qui sanctifie l’or ? Si quelqu’un, dites-vous encore, jure par l’autel, ce n’est rien ; mais, si quelqu’un jure par l’offrande qui est sur l’autel, il est engagé. Aveugles ! Lequel est le plus grand, l’offrande, ou l’autel qui sanctifie l’offrande ? Celui qui jure par l’autel jure par l’autel et par tout ce qui est dessus ; celui qui jure par le temple jure par le temple et par celui qui l’habite ; Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses. Conducteurs aveugles ! Qui coulez le moucheron, et qui avalez le chameau. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu’au dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance. Pharisien aveugle ! Nettoie premièrement l’intérieur de la coupe et du plat, afin que l’extérieur aussi devienne net. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au-dehors, et qui, au-dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. Vous de même, au-dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au-dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres des justes, et que vous dites : Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le sang des prophètes. Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Serpents, race de vipères ! Comment échapperez-vous au châtiment de la géhenne? » -Matthieu 23:13‭-‬21‭, ‬23‭-‬31‭, ‬33

Jésus ne s’est pas retenu pour essayer d’être diplomate ou pieux. Il a dit les choses telles qu’elles étaient. Les pasteurs doivent faire de même et ne pas essayer d’être des diplomates religieux quand quelqu’un essaie de brûler votre maison ou de couler le navire de l’Etat.

Rousas J. Rushdoony a écrit un article il y a quelques années qui parle des différents types de prédication et d’enseignement que nous avons aujourd’hui. Ce qui suit est une version condensée de l’article plus long écrit par Jim West1 :

La première approche serait l’approche traditionnelle, orthodoxe. Le prédicateur considère avec sérieux le texte, mais c’est le sérieux de la salle de classe, pas du monde et de la vie. Le prédicateur porte son étude en chaire ; il explore l’étymologie des mots maison, feu et homme. L’auditeur reçoit instruction, mais il n’est pas incité à l’action. On ne lui dit pas de faire quoi que ce soit.

Le deuxième prédicateur est l’évangéliste moderne. L’érudition est pour lui un anathème. Son souci est l’expérience personnelle. C’est un « prédicateur de type gratte-ciel » qui s’intéresse aux histoires et aux anecdotes. Il s’agit d’une prédication « centrée sur le moi ». L’expérience est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs.

Ensuite, il y a le prédicateur néo-orthodoxe et moderniste. Il aborde le texte avec certaines fausses prémisses. Le « feu » est traité avec sérieux, mais pas littéralement. Il affirme qu’il s’agit « d’histoire sainte, mais pas d’histoire réelle ». Le feu est bon ; le feu nettoie souvent. Mais la peur du « feu » est barbare et superstitieuse. Pour nous, le feu peut même être un symboled’espérance. « Brûle, petit, brûle ! » Brûlez l’ordre ancien et introduisez le nouveau. Il y a de l’espérance dans la destruction. « Homme, ta maison est en feu » est une recette pour la paix dans le monde.

Et puis il y a le prédicateur de la nouvelle réforme. Il condamne tous les autres prédicateurs. Il dit que la déclaration « Homme, ta maison est en feu » n’est pas une vérité propositionnelle. Ce qui devrait nous préoccuper, ce sont les actes puissants de Dieu dans l’histoire, l’histoire de la rédemption. Nous ne devons pas interpréter l’affirmation : « Homme, ta maison est en feu » de manière moralisatrice. C’est simplement la façon dont Dieu nous dit d’abandonner le capitalisme et d’aider les pauvres. Il s’agit d’un appel à l’action sociale.

À ces approches, Rushdoony soutient que les mots « Homme, ta maison est en feu » sont l’appel de Dieu à ce que les prédicateurs éteignent le feu de l’enfer par une prédication qui pousse à l’application de la Parole de Dieu. Dites au peuple de Dieu d’éteindre le feu !

Je suis un peu confus quant aux idées que John Piper essaie de faire valoir dans son article « Policies, Persons, and Paths to Ruin: Pondering the Implications of the 2020 Election ». L’article me rappelle le verset suivant :

Car si la trompette produit un son confus, qui se préparera au combat ? (1 Cor. 14:8.)

Piper commence par déclarer qu’il ne va pas dire aux gens comment il va voter et rien de ce qu’il dit dans son article n’est « destiné à dicter comment les autres devraient voter, mais plutôt à montrer une perspective qui semble être négligée ». Ni Jésus ni l’apôtre Paul n’ont adopté cette approche. Vous saviez exactement ce qu’ils voulaient dire et à qui ils s’adressaient.

Il existe des différences marquées entre les deux partis politiques sur la plupart des questions. Lorsque l’on les pèse sur la balance de la loi de Dieu, il est clair que les démocrates méritent toutes les critiques qu’ils reçoivent et même plus. Les républicains doivent également être pris à partie, mais dans le cadre de cette élection, les démocrates doivent descendre dans les flammes. James White est d’accord avec ce commentaire :

L’article de John Piper démontre que même les hommes pieux peuvent tomber dans le même puits d’erreur : il ne s’agit pas d’un choix entre Trump ou Biden, qui sont tous deux des candidats horriblement imparfaits. Il s’agit d’une révolution marxiste et de savoir si vous pourrez même voter en 2024. La réalité que j’aimerais qu’il comprenne se voit non pas dans l’arrogance de Trump ou la lâcheté de Biden, mais dans l’histoire, dans le fait que le marxisme amène la mort et la tyrannie.

Encore une fois, je ne suis pas sûr de ce que Piper veut dire par la déclaration suivante :

Je pense que Roe c. Wade est une mauvaise décision. Je pense que le planning familial est un nom de code pour le meurtre de bébés et (historiquement du moins) le nettoyage ethnique. Et je pense qu’il est déconcertant et présomptueux de supposer que les politiques pro-avortement tuent plus de gens qu’un orgueil plein de soi et imbu de sa propre culture.

Lorsqu’un dirigeant fait preuve d’une vantardise égocentrique et auto-exaltante, il adopte le comportement le plus meurtrier du monde. Il dirige sa nation vers la destruction. Destruction à de plus nombreux égards que nous ne pouvons l’imaginer.

Il est naïf de penser qu’un homme puisse être effectivement pro-vie tout en manifestant systématiquement les traits de caractère qui conduisent à la mort, qu’elle soit temporelle ou éternelle.

De quoi parle-t-il ? Il admet que l’avortement est un meurtre de bébés et pourtant il semble comparer l’avortement et le nettoyage ethnique à des gens (des dirigeants ?) qui sont égocentriques et vantards. Et que veut-il dire par cette déclaration ?

Et je pense qu’il est déconcertant et présomptueux de supposer que les politiques pro-avortement tuent plus de gens qu’un orgueil rempli de soi deteignant sur toute une culture.

Je suis désolé, mais il y a peu ou pas d’équivalence morale ici. Toutes les personnes qui se vantent et qui sont imbues d’elles-mêmes ne tuent pas des gens, mais les personnes qui soutiennent sans discernement le meurtre de personnes sont vantardes et remplies d’orgueil. Il y a une différence. Le président Trump peut se vanter et être fier, mais il ne plaide pas en faveur de lois sur l’avortement et de la purification ethnique. Les États-Unis viennent de rejoindre une coalition de 31 autres pays en signant la Déclaration du consensus de Genève qui stipule qu’il n’existe pas de droit mondial à l’avortement. Cela se produirait-il sous une administration Biden-Harris ? Est-ce que cela se produirait sous une administration Obama-Biden ?

Il n’est pas étonnant que des millions de chrétiens soient sans orientation. Leurs responsables spirituels sont comme une boussole qui tournoie dans tous les sens, comme l’atteste ce qui suit de Piper :

Où cela me mène-t-il alors que je dois faire face à un devoir civique le 3 novembre ? Voici ma réponse. Je n’exige de personne de me suivre (comme si je le pouvais) – ni de ma femme, ni de mes amis, ni de mes collègues.

Avec un sourire enjoué, j’expliquerai à mon prochain incroyant pourquoi mon allégeance à Jésus m’a mis en porte-à-faux avec la mort par l’avortement et la mort par l’arrogance.

Je ne développerai pas un quelconque calcul pour déterminer quel chemin de destruction je soutiendrai. Ce n’est pas mon devoir.

Un homme dans sa position doit diriger, et non pas tergiverser. « La mort par arrogance » ? Qu’est-ce qu’il a précisément en tête ?

Voir le mal et ne rien faire ou presque pour l’arrêter parce que cela pourrait « saper » un « témoignage chrétien authentique » me laisse perplexe. Les nombreuses politiques promues par le parti démocrate vont faire du mal aux chrétiens ainsi qu’à notre prochain incroyant. L’avortement et le fait de forcer les parents à permettre à leurs enfants de huit ans de « changer » de sexe n’en sont que deux exemples. Si vous aimez votre prochain, le choix du 3 novembre est clair.

Piper n’offre aucun conseil pratique ni tactique sur la façon d’affronter le mal social, culturel et politique actuel. Il prêche plutôt un message de défaite inévitable et la façon dont les chrétiens devraient réagir après la défaite :

Imaginez que l’Amérique s’effondre. D’abord l’anarchie, puis la tyrannie – de droite ou de gauche. Imaginez que la liberté religieuse disparaisse. Ce qui reste pour les chrétiens, ce sont les amendes, la prison, l’exil et le martyre. Alors posez-vous cette question : ma prédication a-t-elle développé de vrais chrétiens radicaux ? Des chrétiens qui peuvent chanter sur l’échafaud :

« Que les biens et la famille partent,

Cette vie mortelle aussi ;

Le corps qu’ils peuvent tuer :

La vérité de Dieu demeure toujours ;

Son royaume est éternel. »

Des chrétiens qui agiront comme les croyants de Hébreux 10:34 : « Vous avez accepté avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez des biens meilleurs et qui durent toujours. »

Des chrétiens qui feront face à la haine, aux injures et à l’exclusion à cause de Christ et qui, pourtant, « se réjouiront en ce jour-là et tressailliront d’allégresse, parce que leur récompense sera grande dans le ciel » (Luc 6:22-23).

Son eschatologie ne permet aucun succès ici-bas sinon le martyre et la persécution. Voir John Piper, the Coronavirus, and the End Times.

Est-ce notre seule alternative ? Pourquoi les pasteurs d’aujourd’hui ne « développent-ils pas de vrais chrétiens radicaux » pour s’assurer que ces choses n’arriveront pas ? Qu’est-ce qui fait penser que les pasteurs feront mieux dans les conditions que Piper décrit lorsque la civilisation sera brûlée au sol ? Nous ne sommes pas des chrétiens du premier siècle qui n’ont pas leur mot à dire sur la façon dont le gouvernement est dirigé. Nous sommes, comme l’apôtre Paul, des citoyens d’ici et maintenant (Actes 16:31-40 ; 22:22-29). Paul n’était ni un piétiste ni un quiétiste. Considérez cet incident avec le puissant empire romain :

Mais Paul dit aux licteurs : Après nous avoir battus de verges publiquement et sans jugement, nous qui sommes Romains, ils nous ont jetés en prison, et maintenant ils nous font sortir secrètement ! Il n’en sera pas ainsi. Qu’ils viennent eux-mêmes nous mettre en liberté. Les licteurs rapportèrent ces paroles aux préteurs, qui furent effrayés en apprenant qu’ils étaient Romains. Ils vinrent les apaiser, et ils les mirent en liberté, en les priant de quitter la ville. Quand ils furent sortis de la prison, ils entrèrent chez Lydie, et, après avoir vu et exhorté les frères, ils partirent (Actes 16:37‭-‬40.)

Paul a aussi appelé le grand sacrificateur un « mur blanchi à la chaux » (Actes 23:1-10), ce qu’il n’a jamais regretté d’avoir dit. Jésus a dit quelque chose de similaire (Matt. 23:24-28).

L’on pourrait en dire tellement plus.

Je termine par ceci : je suis sûr que les Juifs envoyés dans les chambres à gaz étaient plus préoccupés par leur propre mort physique sous le commandement d’un tyran que par quelqu’un qui pourrait être arrogant, mais qui travaillait à arrêter les trains sur le chemin de leur perdition. Il y a une différence, et quiconque n’est pas en mesure de noter cette différence est confus.

Note :

1 Jim West, « Rushdoony’s Influence on Pastors » (1er novembre 2007). L’article original de Rushdoony peut être lu ici.

Source : https://americanvision.org/24777/my-response-to-john-pipers-paths-to-ruin-article

Article original en anglais publié le 23 octobre 2020.

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