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Les services de renseignement occidentaux des Five Eyes accusent la Chine au sujet du Covid-19.

Par Paul Crespo

5 mai 2020

Felipe Esquivel Reed via Wikimedia Commons

Alors que la guerre narrative sur les origines du coronavirus de Wuhan (Covid-19) fait rage entre les États-Unis et la Chine, l’alliance de renseignements anglophone « Five Eyes » aurait produit un rapport qui conclut que la Chine a délibérément supprimé ou détruit les preuves de l’apparition du coronavirus dans une « attaque contre la transparence internationale » qui a coûté des dizaines de milliers de vies.

Cette analyse, produite par les ressources combinées de cinq services de renseignement occidentaux – si elle est valide – renforce substantiellement la crédibilité de la théorie selon laquelle le Covid-19 s’est accidentellement échappé d’un laboratoire de biosécurité à Wuhan, en Chine, et que sa propagation a été accélérée par la dissimulation délibérée entretenue par les autorités communistes chinoises. Cette nouvelle a reçu une couverture médiatique beaucoup plus large au Royaume-Uni et en Australie que dans les médias américains (n.d.t. : et également français.)

L’alliance « Five Eyes » est composée des services de renseignement des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Canada, et constitue l’une des alliances d’espionnage les plus étendues de l’histoire. Le rapport de 15 pages obtenu par le quotidien australien The Saturday Telegraph, apporte un appui détaillé et accablant aux enquêtes en cours sur la culpabilité – au moins par négligence et tromperie – de la Chine dans la pandémie mondiale.

Selon le Daily Telegraph, le document « affirme qu’au risque de mettre d’autres pays en danger, le gouvernement chinois a dissimulé des informations sur le virus en réduisant au silence ou en faisant « disparaître » des médecins qui s’étaient exprimés, en détruisant les preuves dans les laboratoires et en refusant de fournir des échantillons vivants aux scientifiques internationaux qui travaillaient sur un vaccin ».

Le rapport des Five Eyes décrit comment Pékin a minimisé l’importance de l’épidémie sur la scène mondiale tout en s’efforçant secrètement d’enterrer toute trace de la maladie, rapporte le Daily Mail. Cette dissimulation « comprenait la « destruction » d’échantillons de laboratoire, le blanchiment des étals de marchés humides, la censure des preuves croissantes de « porteurs silencieux » du virus et le blocage des requêtes d’échantillons de la part d’autres pays ».

Selon le Daily Mail, le rapport révèle une « description accablante d’une dissimulation de masse » :

  • Des chercheurs chinois spécialisés dans les virus liés aux chauves-souris ont étudié un échantillon qui présentait une correspondance génétique de 96 % avec le Covid-19 dès 2013 ;
  • leurs recherches « risquées » ont révélé en 2015 que la maladie était transmissible des chauves-souris aux humains ;
  • les informations sur les porteurs asymptomatiques de la maladie ont été « passées sous silence » par l’état chinois ;
  • Pékin a commencé à censurer les moteurs de recherche en décembre 2019 pour empêcher toute navigation sur Internet en rapport avec le virus ;
  • l’Organisation mondiale de la santé a suivi la Chine en niant les preuves de la transmission interhumaine jusqu’à la fin janvier 2020, malgré les inquiétudes soulevées par les pays voisins ;
  • les pays des Five Eyes se sont attaqués à la Chine pour sa critique du gel des vols en provenance d’autres pays alors même qu’elle plaçait la province de Hubei sous confinement.

Alors que les États-Unis et le Royaume-Uni semblent de plus en plus préoccupés par une fuite d’un laboratoire biologique accidentelle, l’Australie a jusqu’à présent contesté la théorie d’une fuite du laboratoire de biosécurité de Wuhan et a maintenu que le virus provenait très probablement du marché d’animaux vivants de Wuhan. Elle affirme qu’il y avait « seulement 5 % de chances que le virus provienne du laboratoire [de Wuhan] ». Cependant, les propres liens intimes de l’Australie avec le laboratoire de Wuhan ont également été documentés dans le dossier, selon The Telegraph.

Le journal a rapporté que « le gouvernement australien a formé et financé une équipe de scientifiques chinois appartenant à un laboratoire qui a ensuite modifié génétiquement des coronavirus mortels transmissibles des chauve-souris à l’homme et qui n’avait pas de remède, et qui fait maintenant l’objet d’une enquête sur les origines de Covid-19 ».

Selon le Daily Mail, ces scientifiques se trouvaient à l’Institut de virologie de Wuhan, dans le cadre d’un partenariat en cours entre l’Organisation de la recherche scientifique et industrielle du Commonwealth australien (CSIRO) et l’Académie des sciences chinoise.

Les membres de l’équipe auraient travaillé dans le laboratoire de santé animale australien du CSIRO, où ils ont mené des recherches sur les agents pathogènes mortels chez les chauves-souris vivantes. Cette information s’ajoute à une autre branche préoccupante de l’enquête sur les recherches biologiques chinoises : le rôle des institutions de recherche publiques et privées occidentales et leurs liens avec la Chine.

Ces liens sont actuellement étudiés et découverts aux États-Unis, au Canada, en Australie – et en France – qui ont contribué à la construction du laboratoire de biosécurité BSL-4 de Wuhan.

Le secret et la dissimulation entretenus par la Chine autour des origines du Covid-19 ont incité les dirigeants des pays de l’initiative « Five Eyes » à demander une action concertée contre Pékin lorsque la pandémie finira par se calmer. Ces actions devraient également inclure des enquêtes et des restrictions sur la collaboration scientifique occidentale qui pourrait contribuer aux efforts de recherche biologique en cours en Chine.

A propos de l’auteur

Paul Crespo

Paul Crespo est un expert en matière de défense et de sécurité nationales. Il a travaillé comme officier du corps des Marines et comme attaché militaire auprès de la Defense Intelligence Agency (DIA) dans les ambassades américaines du monde entier. Il est diplômé des universités de Georgetown, Londres et Cambridge. Paul Crespo est également PDG de SPECTRE Global Risk, une société de conseil en sécurité, et est un contributeur du site Internet American Defense News.

Source : https://americanactionnews.com/foreign-affairs/western-five-eyes-intelligence-blames-china-for-covid-19-rs-pc/

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