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Devrions-nous chercher un gouvernement chrétien ? Partie 2 – La nécessité de la théocratie

Par Zachary Garris

3 décembre 2019

Il s’agit du deuxième volet d’une série en deux parties consacrée à la question de savoir si les chrétiens doivent chercher à établir un gouvernement chrétien. La première partie livrait une critique du système moderne dit réformé des deux royaumes (R2K). La deuxième partie présente des arguments en faveur d’un gouvernement basé sur les enseignements de la Bible.

Points de vue historiques sur les relations entre l’Église et l’État

La conception [dite] réformée des deux royaumes (R2K) établit une division nette entre l’Église et l’État, fondée sur la distinction qui est faite entre le royaume rédempteur et le royaume commun. Les partisans de la R2K prétendent suivre la position des réformateurs, mais ils ont plutôt adopté quelque chose qui s’apparente davantage à la vision anabaptiste des relations entre l’Église et l’État. Ils souhaitent une séparation complète de l’Église et de l’État, l’État étant guidé uniquement par la loi naturelle. Ils semblent favoriser la version américaine moderne de la « séparation de l’Église et de l’État », où la religion est entièrement exclue de la sphère civile (position du laïcisme radical.) Si les partisans de la R2K veulent toujours des lois justes et morales, la question de savoir comment la seule révélation naturelle les y amènera n’est pas claire, surtout si l’on considère la direction prise par les gouvernements laïques modernes actuellement en expérimentation.

Cependant, il convient de noter que la pratique américaine actuelle de la « séparation entre l’Église et l’État » ne fait même pas partie de la tradition américaine, car elle constitue une interprétation et une application erronées du Premier Amendement. (L’expression « séparation entre l’Église et l’État » était utilisée par le juge Black dans l’affaire Everson contre le Bureau de l’Education en 1947.) Le Premier Amendement ne faisait qu’interdire une Église nationale, et non une Église d’État. Par conséquent, « le Congrès n’édictera aucune loi concernant l’établissement d’une religion ». Il ne dit rien des constitutions et des législatures des états.

Au XXe siècle, la Cour suprême a commencé à appliquer de manière erronée la Déclaration des droits (les dix premiers amendements) aux états dans ce que l’on appelle la doctrine de l’incorporation (sur la base du quatorzième amendement.) Il s’agit d’une erreur, car la Déclaration des droits était censée s’appliquer uniquement au gouvernement fédéral, et le quatorzième amendement n’avait pas pour but de changer cette disposition. Cependant, en appliquant le Premier Amendement aux états, la Cour est allée bien au-delà de l’intention de l’amendement en ce qui concerne le Congrès. Les laïques ont détourné le système judiciaire et ont commencé à interdire toute religion au sein du gouvernement. Au lieu de la séparation entre l’Église et l’État, la Cour a maintenant cherché à séparer Dieu et la religion de l’État.

Comme beaucoup de chrétiens aujourd’hui, les partisans de la R2K s’inquiètent de la « théocratie », qui se réfère simplement au « règne de Dieu ». Cependant, toutes les sociétés sont théocratiques dans un certain sens – il s’agit seulement de savoir quel dieu elles servent. Il ne s’agit pas de savoir si nous aurons une théocratie, mais plutôt quelle théocratie nous aurons. L’Occident laïque moderne prétend n’avoir ni religion ni dieu, mais l’homme est un être religieux et les objets de culte laïques sont devenus tout à fait apparents (par exemple, « l’égalité ».) Il est impossible pour un gouvernement civil d’être neutre au plan religieux.

Si nous reconnaissons les lacunes de la position de la R2K, cela ne laisse pas beaucoup d’options à choisir en ce qui concerne les relations entre l’Église et l’État. Historiquement, il y a eu trois autres types de relation entre l’autorité de l’Église et l’État :

  1. L’Église détient l’autorité finale sur l’État (Jésuites ultramontains),
  2. L’État détient l’autorité finale sur l’Église (érastianisme),
  3. Les sphères de l’État et de l’Église œuvrent selon leur capacité limitée et selon le dessein de Dieu (souveraineté des sphères kuypérienne.)

Les Écritures semblent enseigner quelque chose qui s’apparente à la troisième option, à savoir que Dieu a conçu l’État et l’Église avec des objectifs différents. L’Église doit prêcher la Parole et administrer les sacrements (Matthieu 28:18-20), tandis que l’État doit protéger la vie et les biens (Romains 13:1-7.) Ce point de vue est conforme à la Confession de foi de Westminster 23.3. (Notez cependant les différences entre l’original et la révision américaine ici. Les deux disent que « le magistrat civil ne peut pas assumer par lui-même l’administration de la Parole et des sacrements ». Mais l’original dit que le magistrat a le « devoir d’ordonner que l’unité et la paix soient préservées dans l’Église, que la vérité de Dieu soit maintenue pure et entière, que tous les blasphèmes et toutes les hérésies soient supprimés, que toutes les corruptions et tous les abus dans le culte et la discipline soient empêchés ou réformés, et que toutes les ordonnances de Dieu soient dûment réglées, administrées et observées ».)

La nécessité de la théocratie – un gouvernement chrétien

Cependant, en adoptant une forme de souveraineté des sphères, cela ne signifie pas que l’État soit dégagé de la Seigneurie de Christ. Si le Christ est roi sur le domaine civil (et Il l’est), alors nous devons avoir un gouvernement chrétien.

Cela ne veut pas dire que nous devons (ou devrions) avoir une Église d’État officielle. Alors que les États-Unis ont commencé avec des églises d’État (la plupart des colonies étaient anglicanes ou congrégationnelles), chaque état a désétabli son Église d’État en 1833 et a adopté une pratique de « séparation entre l’Église et l’État ». Bien comprise, cette séparation signifie qu’il n’y a pas d’Église d’État officielle, mais que la religion est toujours appliquée à l’État – il ne s’agit pas de la version radicale antireligieuse imposée par la Cour suprême dans les années 1940.

La séparation entre l’Église et l’État ne signifie pas que nous avons un État « neutre » (souvent appelé « laïque ».) L’homme vénère toujours quelque chose, et un gouvernement « laïque » est devenu un mot de code pour désigner l’athéisme et un État antichrétien. Les politiques laïques modernes en Occident ont démontré à tous que la neutralité est impossible lorsqu’il s’agit de la relation de l’État avec l’Église.

Pourtant, en dehors d’une Église d’État officielle, nous pouvons toujours avoir un gouvernement chrétien (une théocratie – le règne de Dieu.) Douglas Wilson a plaidé en faveur d’un « christianisme essentiel », où un état reconnaît et se soumet à la seigneurie de Christ, mais ne dispose pas d’une Église d’État officielle. En d’autres termes, nous pouvons avoir un gouvernement chrétien sans approuver officiellement une Église ni une dénomination particulière (comme le presbytérianisme.)

Un chritianisme essentiel correspondrait aux croyances historiques des chrétiens, car un État laïc est considéré comme absurde par la plupart d’entre eux. Avant la Réforme, l’Église a cherché partout à influencer le monde civil. Après la Réforme, les réformés ont tous cru à une forme de théocratie à des degrés divers, tout comme les luthériens, les anglicans et les catholiques. Seuls certains anabaptistes ont rejeté la théocratie. Les réformés et les luthériens s’en tenaient à une forme de théologie des deux royaumes (se référant à « ce siècle » et au « siècle à venir »), mais ils préconisaient toujours la théocratie. Il y avait une diversité dans la pratique, mais comme nous l’avons vu, Jean Calvin voulait un gouvernement chrétien qui applique les Dix Commandements aux citoyens.

La question clé est la suivante : Dieu veut-il un gouvernement laïc ou un gouvernement chrétien ? La réponse semble évidente. Dieu veut que les gens le reconnaissent, et cela inclut les princes et les dirigeants. Dieu ne veut pas d’un gouvernement qui l’ignore ou, pire, qui le rejette carrément. Dieu veut un gouvernement chrétien.

Les lois sont enracinées dans la religion.

Pour soutenir les arguments en faveur de la théocratie, nous devons critiquer l’affirmation courante : « Vous ne pouvez pas légiférer la morale ». Notre réponse devrait être : que légiféreriez-vous d’autre ?

Toutes les lois civiles sont ancrées dans la morale, et toute morale est ancrée dans la religion. Ainsi, les lois sont religieuses à leur racine même. Alors pourquoi limiterions-nous notre application morale au vague concept de loi naturelle ? L’Écriture parle clairement de ces questions, et il est insensé, voire carrément antichrétien, de laisser l’Écriture en dehors de la discussion.

De plus, c’est cette même attitude antichrétienne qui a donné naissance à des lois immorales, telles que l’avortement légal et le mariage entre personnes du même sexe. Les laïcs ont cherché à séparer non seulement l’Église et l’État, mais aussi Dieu et l’État (et donc la religion et l’État.) La religion a été écartée, ainsi que la loi naturelle. Si l’homme peut ignorer Dieu dans sa vie quotidienne, il est certainement capable d’ignorer Dieu lorsqu’il s’agit de légiférer. C’est pourquoi Paul a parlé de la « suppression » par l’homme de la révélation de Dieu (Romains 1:18), qui comprend la loi naturelle et la connaissance de la loi de Dieu par l’homme.

Le fait que toutes les lois soient religieuses signifie que les chrétiens doivent chercher à appliquer les principes bibliques au gouvernement civil. L’État devrait-il interdire l’avortement ? Bien sûr, car l’avortement est une violation du sixième commandement, et l’État a le devoir de protéger la vie. L’État doit-il interdire le vol ? Bien sûr, car le vol est une violation du huitième commandement, et l’État a le devoir de protéger la propriété.

L’État ne doit pas non plus taxer ses citoyens à des niveaux exorbitants afin de redistribuer leurs biens, ce qui constitue une violation du huitième commandement. L’État doit-il réglementer le mariage ? Oui, car cela permet de maintenir l’ordre moral et la décence. Le mariage devrait être défini comme l’union d’un homme et d’une femme (Genèse 2:24), et l’adultère devrait être puni comme une violation du septième commandement. (Au minimum, l’adultère devrait être pris en considération dans les procédures de divorce, bien que les tribunaux s’écartent de cette pratique.) Cela donne un bon exemple aux citoyens, tout en protégeant les conjoints et les enfants en cas de divorce, d’abandon et de droits de succession.

Ceux qui veulent que le seul guide pour l’État soit limité à la loi naturelle veulent tirer des conclusions bibliques pour l’État par le seul recours à la raison. Mais si la raison peut aider dans l’argumentation chrétienne, elle peut aussi induire en erreur. C’est pourquoi Dieu nous a donné la révélation de Sa Parole. Et si nous avons la révélation plus claire de l’Écriture, pourquoi nous limiterions-nous à la raison et à la loi naturelle ?

L’Église peut-elle parler à l’État ?

La conception biblique du gouvernement civil se prête à la conception kuypérienne de la souveraineté des sphères. Il existe différentes sphères dans la vie (État, Église, famille), et elles ont des rôles différents. Cependant, ces sphères sont également liées les unes aux autres et ont des obligations les unes envers les autres.

L’État doit protéger l’Église et la famille, tandis que la famille doit se soumettre à l’Église et à l’État (lorsqu’ils exercent une autorité appropriée.) Lorsque l’État ne protège pas l’Église, il se retourne souvent contre elle. Malheureusement, les gouvernements laïques se sont avérés être les persécuteurs les plus dangereux de l’Église – Rome, la Russie stalinienne, etc.

Qu’en est-il du rôle de l’Église ? L’Église doit bien sûr instruire la famille, au moins depuis la chaire. Mais l’Église doit-elle instruire l’État ? Le pasteur peut-il aborder les questions relatives à l’État depuis la chaire ?

Il y a eu des différences entre les chrétiens au cours de l’histoire, et de nombreux pasteurs évitent aujourd’hui les questions relatives à l’État. La doctrine réformée de la « spiritualité de l’Église », qui dit que l’Église est une entité spirituelle et qu’elle devrait se préoccuper principalement de ce qui est de nature spirituelle, est pertinente ici. Cet enseignement est souvent associé aux presbytériens du XIXe siècle tels que Charles Hodge et James Henley Thornwell. (Elle est souvent rejetée comme une doctrine utilisée par les théologiens du Sud pour justifier l’esclavage en tant que question politique et pour empêcher l’Église d’interférer avec cette pratique. Cependant, certains de ces théologiens ont en fait utilisé la Bible pour défendre l’esclavage en tant qu’institution civile légitime. Ils n’étaient pas opposés à l’application de la Bible à la société lorsqu’ils la jugeaient appropriée.)

Les défenseurs de la doctrine de la spiritualité de l’Église citent la Confession de foi de Westminster 31.4 :

Les synodes et les conseils ne doivent s’occuper, ou ne concerner, que de ce qui est ecclésiastique ; et ne doivent pas se mêler des affaires civiles qui concernent le Commonwealth, sauf au moyen d’humbles requêtes dans des cas extraordinaires ; ou, par voie de conseil, pour la satisfaction de la conscience, si le magistrat civil l’exige.

Ainsi, la spiritualité de l’Église enseigne que l’Église (synodes et conciles) ne doit pas prendre de positions officielles sur les doctrines politiques, sauf dans des cas particuliers. Je pense que cela est exact. Il est difficile de déterminer ce qui est « proprement spirituel » et « purement politique » [1] (expressions qui sont quelquefois utilisées pour clarifier la doctrine), et il n’est pas précisé complètement ce qui constitue un cas « extraordinaire » où un conseil de l’Église devrait prendre position sur une question civile.

Cependant, il y a une chose importante que la WCF 31.4 ne dit pas. Elle ne dit pas que ni les chrétiens individuels ni même les pasteurs ne peuvent prendre de positions politiques. Et elle ne dit pas qu’un pasteur ne peut pas parler à l’État. C’est parce que les chrétiens doivent chercher à appliquer la Bible à la vie entière, y compris au domaine politique. Et les pasteurs, en tant que hérauts de la Parole de Dieu, doivent appliquer les Écritures à l’État lorsque cela est approprié. Cela correspond même aux commentaires de Thornwell sur la spiritualité de l’Église : « Au-delà de la Bible, elle ne peut jamais aller, et en dehors de la Bible, elle ne peut jamais parler » [2]. Si la Bible a quelque chose à dire sur une question d’affaires civiles, alors le pasteur devrait le prêcher.

Le Grand Commandement est un passage important pour cette question, comme Jésus l’a dit à ses disciples :

Toute autorité dans le ciel et sur la terre m’a été donnée. Allez donc et faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde (Matthieu 28, 18-20.)

Jésus ne revendique pas seulement l’autorité sur l’Eglise, mais aussi sur le ciel et la terre, ce qui inclut l’Etat. Les « nations » (y compris l’État) sont l' »héritage » et la « possession » de Jésus (Psaumes 2:8.) La question est donc de savoir comment il dirige l’État. Jésus a demandé aux Douze de littéralement « faire des disciples de toutes les nations » (μαθητεύσατε πάντα τὰ ἔθνη) et de le faire en « baptisant » et en « enseignant » (les deux participes présents complètent le verbe principal « faire des disciples ».) Les disciples devaient enseigner à « tous » ce que Jésus leur avait ordonné. Qu’il soit explicite ou implicite, l’enseignement de Jésus devait guider les chrétiens dans la gestion d’un gouvernement civil. Le gouvernement civil est sous le règne de Jésus en tant que roi, et l’État doit être guidé par ses enseignements.

Cela touche à l’un des problèmes majeurs de la doctrine R2K, qui cherche à maintenir la Bible en dehors de la politique et la politique en dehors de la chaire. Contrairement à la position de la R2K, l’Église a un rôle important à jouer dans les questions du domaine civil, en particulier celles dont parle la Bible. Les pasteurs devraient aujourd’hui prêcher contre les injustices que sont l’avortement, le mariage homosexuel, la fiscalité oppressive, le poids injuste de l’inflation monétaire du gouvernement, les programmes d’aides sociales nuisibles, etc. Et ils devraient le faire parce que la Bible a quelque chose à dire sur ces questions. Si les pasteurs n’appliquent pas la Parole de Dieu à ces questions et ne parlent pas à l’Église (ni à l’État), qui le fera ?

Ce faisant, les pasteurs ne se substituent pas aux fonctionnaires ni ne dirigent le gouvernement civil. Ils ne soutiennent pas des candidats spécifiques [n.d.t. : voir note 1]. Cependant, ils parlent de manière prophétique sur les problématiques de notre époque. Ils enseignent aux chrétiens comment considérer les affaires civiles et voter (y compris aux chrétiens exerçant une fonction civile), et ils s’adressent même à ceux qui ne font pas partie de l’Église (tout comme les prophètes de l’Ancien Testament s’adressaient aux nations étrangères, condamnant leurs injustices et les appelant à la repentance.) La Bible a beaucoup à dire sur les pratiques iniques de notre société, notamment celles du gouvernement civil. Et les chrétiens et les citoyens seront mal informés si les pasteurs négligent cette importante tâche prophétique, comme c’est souvent le cas aujourd’hui. Les brebis ont besoin de bergers pour enseigner et appliquer la Parole de Dieu, les guidant dans leur parcours à travers ce monde difficile. La prédication de la Bible devrait transformer la vie dans son entièreté, dont le domaine politique.

Conclusion

Tout cela n’est pas simple. Même les chrétiens qui sont d’accord avec l’orientation générale de cet article auront toujours des désaccords sur la façon d’appliquer la Bible au gouvernement civil. Certains pensent que nous devrions appliquer l’ensemble des Dix Commandements, dont les lois sur le blasphème et l’adultère (c’était la position de Calvin), bien que la reconnaissance de ces derniers ne puisse être effective tant que nous n’aurons pas une société plus christianisée.

D’autres pensent qu’une société christianisée devrait appliquer l’ensemble de la loi mosaïque, comprise dans son nouveau contexte allianciel. Les partisans de ce point de vue, connu sous le nom de théonomie, affirment que si le Nouveau Testament enseigne que les lois cérémonielles ne s’appliquent plus aux chrétiens, les lois morales et civiles sont toujours en vigueur et doivent être appliquées. Calvin a rejeté cette position en distinguant entre la loi morale résumée dans les Dix Commandements et les lois civiles particulièrement destinées à l’Israël de l’Ancien Testament [3] (n.d.t. : voir note 2.)

Quoi qu’il en soit, même si nous n’avons pas besoin d’exiger une Église d’État, nous devrions rechercher un gouvernement civil qui honore le Christ comme Seigneur et applique des lois conformes à la morale biblique. En d’autres termes, nous devrions rechercher un gouvernement chrétien. Nous devrions rechercher une théocratie.

Si nous rejetons la position [dite] réformée des deux royaumes et que nous cherchons plutôt à appliquer la Bible à la vie entière, y compris la sphère civile, nous serons dans une bien meilleure situation. L’Église et ses responsables ont un rôle important à jouer pour soutenir et exiger un gouvernement civil pieux. On ne peut qu’espérer qu’ils rempliront mieux ce rôle à l’avenir.

Notes de l’auteur :

[1] Commentaires d’Alan Strange : « Voici le hic : ce qui est moral ou éthique, et donc proprement spirituel, ne peut pas toujours être facilement séparé de ce qui est « purement politique ». Tant de questions morales – l’esclavage étant le premier exemple cité dans cette thèse – ont tant de ramifications politiques qu’il n’est pas facile de distinguer ce qui est « proprement spirituel » de ce qui peut être « purement politique ». L’on peut donc se demander si la doctrine de la spiritualité de l’Église est essentiellement inutile, mourant sous le poids de mille qualifications. Je crois que non : le principe selon lequel l’Église est une entité spirituelle portant des préoccupations spirituelles reste une préoccupation et une considération valables. Toute décision prise par l’Église en tant qu’Église doit être justifiée à la lumière de la spiritualité de l’Église, en répondant positivement à une question du genre : est-ce que cela fait avancer la véritable mission spirituelle de l’Église ?

[2] James Henley Thornwell, « Relation of the Church to Slavery », dans Collected Writings of James Henley Thornwell, édité par B. M. Palmer et J. B. Adger, 4 volumes. (Réimpression, Carlisle : Banner of Truth, 1974), 4:382-4, tel que cité dans Thompson, Spirituality of the Church, 25. La citation a été récupérée ici.

[3] Calvin a rejeté la théonomie : « Car l’affirmation de certains, selon laquelle la loi de Dieu donnée par Moïse est déshonorée lorsqu’elle est abrogée et que de nouvelles lois lui sont préférées, est tout à fait vaine… Car l’Éternel, par la main de Moïse, n’a pas donné à cette loi d’être proclamée parmi toutes les nations et d’être en vigueur partout ». Calvin, Institution de la religion chrétienne, 4.20.16. Ailleurs, Calvin dit : « Certains nient qu’un commonwealth soit dûment encadré qui néglige le système politique de Moïse, et soit régi par le droit commun des nations. Que d’autres hommes considèrent combien cette notion est périlleuse et séditieuse » (Institution, 4.20.14.)

Notes de La Lumière :

Note 1 : L’affirmation de l’auteur selon laquelle les pasteurs ne devraient pas soutenir de candidats spécifiques apparaît hautement hasardeuse ici et est contredite par l’auteur lui-même quand il dit tout juste après que les pasteurs doivent enseigner aux chrétiens comment voter. Si les pasteurs doivent enseigner aux chrétiens les critères permettant de déterminer dans quelle mesure un candidat soutient une orientation éthique conforme à la loi biblique, il va de soi que leur devoir envers à la fois Dieu et les hommes est d’aller jusqu’au bout de la logique et non de s’arrêter en milieu de route en feignant une position agnostique ou indifférente sur la question. Dans le contexte américain actuel où un parti (le parti républicain) est fermement adossé à la foi chrétienne et à ses enseignements traditionnels sur la famille, et l’autre parti (le parti démocrate) clairement infecté d’idées progressistes antichrétiennes, ne pas se prononcer en faveur d’un candidat serait porter une lourde responsabilité spirituelle que rappelle Ézéchiel 33:1-20.

Note 2 : Il est parfaitement précipité et injuste de conclure, en s’appuyant sur deux citations extraites du dernier chapitre de l’Institution de Jean Calvin consacré au gouvernement civil, comme le font l’auteur et bien d’autres réformés, que Calvin rejetait la théonomie. Gary North fait remarquer, à juste titre, que la pensée de Calvin au sujet de la loi de Dieu est distillée dans ses commentaires bibliques, et notamment dans ses plus de 200 sermons sur le Deutéronome qui ont été publiés en anglais à la fin du XVIe siècle. North fait valoir que Calvin y présente le coeur de sa théologie de l’alliance qui est profondément théonomiste dans ses corollaires éthiques et sociaux, la théonomie étant définie dans le sens rappelé par Greg Bahsen, à savoir : la loi révélée de Dieu continue d’être valide dans toutes les sphères de la vie (Gary North, Was Calvin a Theonomist? Tyler : Institute for Christian Economics, 1990.)

Source : https://knowingscripture.com/articles/should-we-seek-a-christian-government-part-2-the-necessity-of-theocracy


A propos de l’auteur

Zachary Garris

Zachary Garris est titulaire d’une maîtrise en théologie du Reformed Theological Seminary (Jackson, Mississippi) et d’un Juris Doctor de la Wayne State University Law School. Il est autorisé à prêcher dans l’Église presbytérienne d’Amérique (PCA), et il a donné des cours au lycée et au catéchisme sur l’histoire ancienne, l’histoire des premières églises, l’histoire médiévale, la logique, la Bible, la théologie systématique, la théologie des alliances, l’apologétique et les visions du monde.

Zachary Garris est le rédacteur en chef de Dabney on Fire: A Theology of Parenting, Education, Feminism, and Government et auteur du livre électronique Thinking Biblically About Education. Zachary dirige également TeachDiligently.com, un site web d’éducation chrétienne contenant des ressources pour la maison, l’école et l’Église.

Il a écrit des articles pour Chronicles Magazine, le Mises Institute, The Liberty Conservative, l’Abbeville Institute, la Foundation for Economic Education et Desiring God.

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