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Réponse à l’article de Mark Galli du Christianity Today en faveur de la destitution de Donald Trump – par Bobby Grow

Par Bobby Grow, The Evangelical Calvinist

growrag.wordpress.com

En réponse à l’éditorial de Mark Galli dans le Christianity Today intitulé en clair Trump Should Be Removed from Office (Trump devrait être démis de ses fonctions), dans cette présente publication, je veux exprimer ma colère contre l’article de Galli. J’ai eu une relation continue avec Galli au cours des années, au point que j’ai écrit un article pour le Christianity Today et que j’ai été examinateur pour eux en choisissant le meilleur livre de théologie pour 2014. Galli a été un lecteur de mon blogue et a même dirigé les gens vers mon blogue dans son récent livre sur Barth. Malheureusement, Galli a suivi le courant (ou y a peut-être contribué) de l’évangélisme dominant à l’eau de rose d’Amérique du Nord. Son article est fondé sur cette prémisse, comme il l’écrit :

Mais les faits dans ce cas sont sans ambiguïté : le président des États-Unis a tenté d’utiliser son pouvoir politique pour contraindre un dirigeant étranger à harceler et discréditer un de ses opposants politiques. Ce n’est pas seulement une violation de la Constitution ; c’est surtout profondément immoral [1].

Il est difficile de savoir comment réagir à cela. Si vous avez regardé le fiasco ou le cirque qu’Adam Schiff, Nancy Pelosi et Jerry Nadler ont mis en place à la Chambre des représentants des États-Unis au cours des deux derniers mois (en fait au cours des trois dernières années), l’on se demande comment Galli pourrait triomphalement affirmer ce qu’il affirme. Les faits sont les suivants : tous les témoins que les démocrates ont fait défiler étaient des témoins par ouï-dire sauf un ; et celui-là, le seul témoin de fait (que j’ai entendu moi-même) a répudié l’idée que Trump s’était livré à la coercition d’un dirigeant étranger (ukrainien). Les faits sont vraiment sans ambiguïté, mais ils montrent que Trump ne s’est pas comporté comme les démocrates le souhaiteraient. J’ai une question à vous poser, Mark : si les faits au sujet de la coercition exercée par Trump sont si clairs, pourquoi les démocrates de la Chambre l’ont-ils « destitué » sur la base d’accusations différentes, en fait inventées de toutes pièces, qui n’ont aucun corollaire avec les faits dont vous prétendez qu’ils sont clairs ? Et s’il a été destitué pour des motifs différents de ceux que vous affirmez, alors quelle est la crédibilité de votre appel à la révocation de Trump de sa fonction de président des États-unis ? Si cela est démontrable, alors votre prémisse est fausse – et cela l’est -, et alors l’ensemble de votre article est une parodie pour ceux d’entre nous qui sont appelés à être un « peuple de la Vérité ». Vous faites face à un « jugement plus sévère », Mark.

Les faits sont les suivants : Schiff a manifestement menti, ment, continue de mentir et de fabriquer des « preuves », des dénonciateurs et des transcriptions. Les démocrates se sont acharnés à destituer Trump depuis le jour où il a gagné les élections à leur grand étonnement. Ils ont donc fabriqué un complot russe et, lorsque cela a échoué, ils ont construit ce complot ukrainien. La plus grande ironie pour moi est qu’Hillary Clinton est celle qui a des liens avec la Russie ; et Joe et Hunter Biden sont impliqués dans un scandale avec l’Ukraine. Si ce sont là les faits (et ils sont plus profonds, plus nuancés et plus accablants que ce que je viens de relever), alors sur quelle base, Mark Galli, demandez-vous que Trump ne soit plus président des États-Unis ? Comment cela est-il en accord avec le témoignage chrétien qui consiste à être un peuple de la vérité ? Vous vous soumettez à un mouvement façonné par l’iniquité et la haine totales, et dont la voix est donnée par des gens qui sont prêts à mentir ouvertement et clairement au public américain pour leur propre opportunisme politique et leur sentiment de puissance politique dans le monde. Comment cela est-il chrétien ? Cela ne l’est pas, vous devriez vous repentir, Mark.

Les évangéliques partageant les convictions de Galli détestent tellement Trump et ce qu’ils perçoivent qu’il représente qu’ils vont à tout prix sacrifier tout le reste pour « démettre Trump ». Quand je dis à tout prix, je veux dire ceci : ils soutiendront un mouvement politiquement partisan qui est devenu absolument dévoyé et fou dans son effort pour renverser un dirigeant élu par le peuple. Dans ce processus d’éviction de Trump, le comité démocrate national (DNC) a compromis l’essence même de notre République constitutionnelle. Les démocrates de la Chambre sont devenus des voyous et ont créé un précédent de destitution si faible que, dans les années à venir, n’importe quel et tout président des Etats-Unis sera presque immédiatement susceptible d’être destitué simplement parce que le parti perdant le déteste et le méprise. C’est une fissure qui a des ramifications historiques effrayantes. Si l’une des trois branches de notre gouvernement peut se retourner contre les deux autres branches, la base même de notre République est perdue, et nous sommes maintenant exposés à un effondrement total et au chaos en tant que République démocratique. C’est à cela que des évangéliques comme Galli se sont attachés au nom de Jésus-Christ ; un mouvement d’une portée excessive et d’un pouvoir politique flagrant qui détruit le fondement même de notre pays.

Si Trump doit être démis de ses fonctions, c’est le peuple qui devrait le démettre en 2020. Mais il ne le fera pas. Je n’ai pas voté pour Trump en 2016, mais sur le plan politique, il a tenu ses promesses, dont la principale est pour moi le saccage de l’industrie de l’avortement. Je ne suis pas aussi satisfait de sa gestion de la réforme de l’immigration, ni des questions humanitaires liées à ce problème complexe. Mais rien de tout cela ne peut être imputé uniquement à l’administration de Trump. C’est une monstruosité qui sévit dans notre pays depuis des décennies, une monstruosité trans-partisane.

Tout compte fait, je ne peux plus soutenir le Christianity Today ni Galli. J’ai été associé à eux principalement à cause de mes écrits sur Karl Barth et Thomas Torrance, mais après cette déclaration de Galli (en tant que représentant du CT dans son ensemble) je ne peux pas et ne veux pas m’associer avec eux. Je noterai une chose positive : la plupart des gens ont trop peur de parler de ce qu’ils croient dans notre milieu évangélique parce qu’ils veulent être acceptés par tous ; je félicite Mark d’avoir eu le courage de faire connaître son point de vue. Malheureusement, il a radicalement tort. De même, j’ai perdu beaucoup de contacts qui m’étaient associés à cause de ma volonté de parler ouvertement et franchement de ce que je crois. Je suis ouvert à l’idée de dialoguer avec des personnes ayant des points de vue opposés, mais seulement si cela est fait de bonne foi.

Note :

[1] Mark Galli, « Trump Should Be Removed From Office« , consulté le 12-19-2019.

Source : https://growrag.wordpress.com/2019/12/19/in-response-to-mark-gallis-christianity-today-article-in-support-of-schiffs-impeachment-of-trump/amp/


Bobby Grow

Bobby Grow est un auteur, rédacteur, écrivain indépendant en théologie. Voici quelques unes des choses auxquelles il a participé :

Co-auteur/éditeur avec Myk Habets, Evangelical Calvinism: Dogmatics & Devotion. Vol. 2 (Eugene, OR : Pickwick Publications, 2017).

Co-auteur/rédacteur en chef avec Myk Habets, Evangelical Calvinism: Essays Resourcing the Continuing Reformation of the Church (Eugene, OR : Pickwick Publications, 2012).

Rédacteur indépendant pour le projet Global Gospel du Christianity Today, God Behind The Veil. His Ways are Hidden from Ordinary Eyes, but not from the Eyes of Faith (avril 2013) ; et pour First Things, ‘Letters to the Editor’ en réponse aux Barth Wars.

Consultant en théologie pour le Christianity Today : un des quatre examinateurs qui ont sélectionné le meilleur livre de théologie du CT pour 2014.

Assistant et rédacteur en chef de la revue Participatio Theological Journal, revue théologique à comité de lecture de la Communauté théologique Thomas F. Torrance (2013-2014).

Rédacteur adjoint et éditeur de la revue Participatio Theological Journal. (2015 – 2016).