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Une activiste iranienne : ne croyez pas la couverture médiatique américaine du « cortège funèbre » de Soleimani.

Une vidéo montre des milices tirant sur des civils refusant d’assister aux funérailles.

La journaliste d’ABC News Martha Raddatz à Téhéran le 6 janvier 2020 (capture d’écran)

Une activiste et journaliste iranienne en exil avertit les Américains qui suivent la couverture médiatique télévisée de la réaction du peuple iranien à la mort du général Qassem Soleimani : « Ne prenez pas ce que vous voyez pour argent comptant. »

« Sans aucun doute, Soleimani avait le soutien des partisans de la ligne dure et du régime », écrit Masih Alinejad dans un éditorial du Washington Post.

Mais elle a souligné les informations selon lesquelles le gouvernement obligerait les gens à pleurer la mort de Soleimani. Et en novembre dernier, « des milliers d’Iraniens sont descendus dans les rues du pays pour protester contre le régime, manifestant la plus importante opposition au pouvoir clérical depuis 40 ans. »
« Beaucoup de mères de ceux qui ont été tués en 2009, en 2017 et en 2019 se réjouissent de la mort de Soleimani », a-t-elle déclaré, faisant référence aux soulèvements majeurs contre le régime.

« Comment sais-je cela? Parce qu’ils m’ont envoyé des vidéos d’eux-mêmes, parlant à la caméra, dansant ou même partageant des gâteaux et des desserts. »

Alinejad a noté que les médias en République islamique sont fortement contrôlés.

« Les rassemblements publics ne sont autorisés que s’ils sont pro-régime. Les critiques sont emprisonnés ou abattus. (Même moi, vivant à l’extérieur du pays, j’ai reçu une menace de mort sur la télévision nationale iranienne pour ma couverture du meurtre de Soleimani.) Il n’est donc pas difficile d’utiliser tous les outils et les ressources de l’État pour organiser une procession funéraire. »

« La foule se masse dans l’émotion. »

Lundi, un reportage iranien de la journaliste chevronnée d’ABC News, Martha Raddatz, s’est illustré comme un exemple du type de couverture médiatique qui ne devrait pas être « pris pour argent comptant ».

Avec un hijab islamique couvrant ses mèches blondes, Raddatz avait l’air sombre alors qu’elle s’adressait aux auditeurs de « Good Morning America ».

« Bonjour, Robin », a-t-elle dit, faisant référence au présentateur Robin Roberts. « J’ai déjà été au milieu de manifestations anti-américaines en Iran auparavant, mais rien de comparable. Une puissante combinaison de chagrin et de colère, avec des cris de « Mort à l’Amérique » qui résonnent dans les rues autour de nous. »

Sur des images aériennes de la cérémonie funèbre en hommage à Soleimani, Raddatz a déclaré que les images « montraient la masse d’Iraniens remplissant les rues pour rendre hommage à un homme vénéré par beaucoup ici ».

En descendant une rue bondée, elle a dit que l’impact de sa mort était « profond ».
« Les foules se massent dans l’émotion. Il y a beaucoup de larmes ici, de nombreux signes portant la photo de Soleimani. Mais le message est également très clair : ces gens veulent se venger. »
Raddatz a conclu en notant que lorsqu’elle était dans le pays il y a six mois, « certaines personnes critiquaient leurs dirigeants en raison de l’effet des sanctions américaines. Mais aujourd’hui, pour l’instant, du moins, elles sont unies contre l’Amérique. »

« Un choc pour le régime »

Alinejad a souligné que lors du soulèvement de novembre, environ 1 500 personnes avaient été tuées par les forces de sécurité, y compris des unités des gardiens de la révolution de Soleimani.

« Les manifestants ont eu des mots durs pour Soleimani et ses aventures à l’étranger, scandant des slogans contre l’implication de l’Iran en Syrie et son soutien au Hezbollah », a-t-elle écrit. « Cela a été un choc pour le régime, qui dépeint Soleimani comme le fils adoptif du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. »
Elle a souligné qu’en 1999, Soleimani faisait partie des chefs des gardiens de la révolution qui avaient exigé que le président d’alors, Mohammad Khatami, écrasât les manifestations estudiantines.
Et peu de Syriens pleurent la mort de Soleimani, a-t-elle déclaré.
« L’actuel chef suprême Khamenei a félicité Soleimani pour sa ferme défense du dirigeant syrien Bachar al-Assad, qui a tué des centaines de milliers de personnes de son propre peuple. »
Alinejad, qui compte plus de 4 millions d’adeptes sur les plateformes de médias sociaux, a déclaré qu’elle avait reçu des milliers de messages, de messages vocaux et de vidéos d’Iraniens issus de nombreuses villes qui étaient heureux de la mort de Soleimani.
Certains se plaignent de pressions du régime iranien les obligeant à assister aux services funéraires de Soleimani, a-t-elle dit.
« Il y a beaucoup de voix iraniennes qui pensent que Soleimani était un criminel de guerre, mais les journalistes occidentaux les contactent rarement », a écrit Alinejad.
« Ironiquement, les médias occidentaux sont plus sceptiques à l’égard de tels événements organisés par l’État dans d’autres pays, comme la Russie ou la Corée du Nord, mais semblent laisser leur sens critique à la frontière en ce qui concerne la République islamique.
« S’il est vrai que les correspondants occidentaux sont confrontés à des conditions décourageantes en ce qui concerne la divulgation de la vérité en Iran, cela ne devrait pas excuser les nombreuses fois où ils ont fait preuve de crédulité injustifiée envers la version officielle des événements. »

Elle a souligné que de nombreux médias occidentaux avaient prédit que les Iraniens s’uniraient pour résister aux sanctions du président Trump.

« Les mêmes analystes qui n’avaient pas prévu les manifestations de novembre prédisent maintenant que les Iraniens se rallieront autour du drapeau », a-t-elle déclaré.

« Cela sous-estime profondément la colère et le ressentiment suscités par la répression », a-t-elle écrit. « Les autorités ont forcé de nombreuses familles à verser le prix du sang pour recevoir les corps de leurs proches de la morgue. Certaines ont même dû signer des formulaires officiels renonçant au droit de tenir des funérailles publiques comme condition pour obtenir le retour des corps. »

Source : https://www.wnd.com/2020/01/iran-activist-dont-believe-u-s-media-coverage-soleimani-mourners/

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