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Evo Morales quitte la Bolivie alors que les églises évangéliques « prient pour une transition qui amène la stabilité politique ».

Par Manuel Suárez

12 novembre 2019

evangelicalfocus.com

Evo Morales, octobre 2019 / @evoespueblo

Note de La Lumière :

Les remarques suivantes d’un chrétien bolivien habitant en France sont précieuses face à la désinformation des médias :

« Chers amis français et francophones, je ne viens pas souvent sur le réseau, mais mon cœur bolivien ne peut pas se taire.

Vous avez peut-être entendu (trop peu) à la télé qu’un changement de régime a eu lieu en Bolivie. Le peuple a jeté dehors son dictateur, Evo Morales ! Ce ne sont pas les pouvoirs politiques, ce ne sont pas les militaires, mais en très grande partie les gens de la rue ! Un espoir pour tous les peuples qui souffrent de la dictature en Amérique latine. Cela est arrivé suite à la fraude gigantesque avérée par les observateurs extérieurs lors du premier tour des élections, le 20 octobre dernier. En voyant que rien ne calmait la foule, et que la police et les militaires se rangeaient du côté du peuple pour venir au secours de la démocratie, Evo Morales a démissionné et a fui au Mexique.

Des affrontements ont lieu, actuellement. Attention à ne pas tomber dans le cliché de la lutte des classes que l’idéologie d’extrême gauche d’Evo veut nous faire avaler ! Dans le centre de la Bolivie, les personnes qui se révoltent contre le gouvernement transitoire viennent du Chapare. Alors, parlons un peu de cette région…

C’est la région tropicale de Cochabamba. Les gens y vivent des plantations de coca. Mais en parallèle, la production et le trafic international de cocaïne génèrent aussi des millions de dollars. Evo Morales vient de cette région, où il est le chef syndicaliste des six fédérations de producteurs de coca. Oui, je le dis au présent, car, en prenant le pouvoir en janvier 2006, il n’a jamais démissionné de ce poste de syndicaliste ! Il a fait construire un grand aéroport international dans cette région isolée. Un aéroport d’où n’ont jamais décollé des vols commerciaux. Un aéroport gardé par les forces armées et impossible à visiter.

Quelles marchandises peuvent bien y être transportées à votre avis ? Un trafic international de drogue et d’armes, tout cela sous la protection du « président indigène, protecteur des pauvres » (on aime bien croire à ce genre d’histoires en Occident). Ce trafic est sur le point d’être mis à nu et anéanti, mais les trafiquants de drogue ne permettent pas encore aux forces armées boliviennes de pénétrer dans le secteur. Ils tentent donc de détourner l’attention en faisant régner la violence et la confusion. Notamment en essayant d’envahir la capitale Cochabamba, sous prétexte de manifestations contre le nouveau gouvernement transitoire en place.

Ce n’est pas tout. Nous commençons aussi à comprendre qu’ils sont aidés par des milices armées étrangères. Ces milices sont formées à la guérilla (des membres des Farcs, notamment). Leur rôle est d’alimenter la haine entre les nombreuses ethnies de Bolivie, en forçant les producteurs de coca à manifester. Comment laisseraient-ils perdre une entreprise protégée et gérée par Evo et son gouvernement ? Tout est fait pour retourner l’opinion internationale en faveur du « gentil président indigène ». Ils fomentent la violence, poussent les paysans à la haine et ensuite, après que le gouvernement a été obligé de faire sortir l’armée, ils l’accusent d’être un gouvernement répressif raciste. C’est exactement la dialectique d’Evo.

Évidemment, le salut serait dans la réorganisation de nouvelles élections le plus rapidement possible. Le risque est que la situation s’enlise et que l’armée donne une image de plus en plus négative de l’État, ce qui serait en faveur du retour d’Evo le sauveur pacifique. Mais vous savez quoi ? Le parlement, qui, lui, n’a pas changé et est composé en majorité de membres du parti d’Evo (le MAS), fait obstacle à la nomination des personnes chargée d’organiser les élections ! Bref, le piège se referme et tout est pour que la spirale de la violence continue, ce qui fait le jeu de l’ex-président.

Un exemple de confusion. Une manifestation à Cochabamba a dégénéré en confrontations avec la police et l’armée (à côté, les samedis « jaunes » des Champs-Élysées sont très gentillets). Il y a eu des morts. Le plus curieux est que certains morts auraient reçu des balles par l’arrière, et des balles non utilisées par les policiers ou les soldats. Il semble que des étrangers s’infiltrent pour exacerber la haine et faire des morts afin de faire accuser l’État.

Ce qui se passe en ce moment en Bolivie, ce n’est pas l’État contre le peuple, ce ne sont pas les Blancs contre les descendants incas, c’est une guerre contre le narcotrafic. Une guerre probablement dirigée depuis le Mexique par le chef des fédérations de cocaleros du Chapare.
Evo Morales n’est pas la victime qu’il veut paraître. Il sait qu’il peut amadouer les Occidentaux, en jouant sur leur remords à cause de leur passé colonialiste. L’ex-président a goûté au pouvoir et, comme cela arrive souvent, il n’a plus voulu en sortir. Il a utilisé son pouvoir pour favoriser le narcotrafic. Après son second mandat, il s’est débrouillé pour en faire une troisième. Il a ensuite demandé au peuple, lors d’un référendum s’il pouvait en briguer un 4e et le peuple a dit NON. Mais il y est quand même allé. Et lors du premier tour, la fraude est devenue évidente. Evo n’a plus œuvré pour le peuple, mais pour lui. Il a volé son vote au peuple, il a détourné la loi constitutionnelle.

Mais les Boliviens ne se sont plus laissés piéger. La Bolivie est un pays fier de sa richesse culturelle, de tous les peuples qu’elle accueille en son sein. La haine et le racisme ont été exacerbés par les presque 14 ans de règne sans partage d’Evo Morales dans des discours qui opposaient toujours les paysans et les riches blancs. Nous voulons retrouver l’unité, mais l’ennemi veut la division.

Bref, suite à la fraude massive et à la réaction encore plus massive du peuple, le gouvernement transitoire est chargé d’organiser de nouvelles élections au plus tôt pour apaiser le pays, mais le parti d’Evo fait tout pour que la situation s’enlise, pendant que les professionnels de la guérilla jettent la confusion et nourrissent la haine parmi les paysans. Les trafiquants veulent pouvoir trafiquer sous la protection d’Evo. L’idée est de faire revenir Evo comme le « grand sauveur des indigènes » pour continuer à prospérer du narcotrafic.

Ne vous laissez pas avoir par le ton « calme » d’Evo se présentant comme victime et par nos biais occidentaux. Cela fait des années qu’il dit ne pas vouloir s’accrocher au pouvoir à moins que le peuple le réclame. Nous ne sommes pas dupes. Le peuple bolivien n’est pas dupe. Il l’a exprimé dans les urnes, on a voulu le faire taire. Alors, il l’a exprimé massivement dans la rue.
Aujourd’hui, il faut condamner les violences et soutenir le processus constitutionnel. Si le parti d’Evo veut regagner le pouvoir, qu’il arrête de bloquer le processus légal et passe par la voie électorale. »

Une chrétienne péruvienne a également apporté les informations suivantes :

« Evo morales est un provocateur, il a initié une persécution contre les chrétiens évangéliques. Il a interdit de prêcher dans les rues. Morales n’est pas un saint, mais un agitateur, il forme un groupe de ténèbres avec Madura (Venezuela), Lula (Brésil), entre autres. Les chretiens d’Amérique latine sont en train de vivre une tribulation, et sans doute bientôt la Colombie se déclarera en grève générale à cause de la politique d’austérité. Le système économique est en train de s’effondrer et la guerre civile s’approche, avec une grande crise économique semblable à celle de 1929. » (La persécution des chrétiens en Bolivie par Evo Morales avait poussé les pasteurs à se mettre à genoux au Parlement pour contester le nouvel article 88 du Code pénal qui menaçait de prison les organisations qui prêchaient l’Évangile dans la rue, comme les autres « terroristes » : parler de l’Évangile pouvait coûter de 7 à 12 ans de prison ! La présidente par intérim a défait cette loi inique.) »


Evo Morales a accepté une offre d’asile politique au Mexique un jour après avoir démissionné de son poste de président de la Bolivie, au milieu des manifestations de fraude électorale.

Le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a confirmé dans un tweet que « selon les conventions internationales en vigueur, il est sous la protection du Mexique ». « Votre vie et votre intégrité sont en sécurité », a-t-il ajouté.

Morales confirme la nouvelle : « Je pars pour le Mexique (…) Ça fait mal de quitter le pays pour des raisons politiques, mais je resterai vigilant. Bientôt, je reviendrai avec plus de force et d’énergie », a tweeté l’ancien président lundi soir.

LES FORCES DE SÉCURITÉ DE L’ETAT ONT DEMANDÉ SA DÉMISSION.

Après des jours de protestations dans les rues des principales villes du pays, Morales avait convoqué de nouvelles élections, mais il a décidé de démissionner dimanche, après la publication d’un rapport de l’Organisation des États américains (OEA), qui a déclaré avoir trouvé des « manipulations claires » du système électoral lors des élections présidentielles d’octobre et « ne pouvoir vérifier la victoire au premier tour de Morales ».

En outre, le général Williams Kaliman, le chef de l’armée, l’a également appelé publiquement à quitter son poste. M. Morales a déclaré qu’il avait pris cette décision afin d’empêcher les autres dirigeants socialistes d’être « harcelés, persécutés et menacés ». Il a également qualifié sa destitution de « coup d’Etat ».

Après la démission du vice-président Álvaro García, du leader du Sénat Adriana Salvatierra et du leader de la Chambre des députés Victor Borda, le leader adjoint du Sénat, Jeanine Áñez, a pris le pouvoir en tant que leader intérimaire jusqu’aux élections.

Chrétiens de Bolivie priant pour le pays en novembre 2019. ED.

FERNANDO CAMACHO : « NOTRE COMBAT EST DANS LA FOI ».

Morales a également accusé le chef de l’opposition Carlos Mesa et le militant de l’opposition Luis Fernando Camacho d’être des « conspirateurs ».

Camacho, qui a publié une photo de lui avec une Bible sur un drapeau bolivien dans le palais présidentiel, a déclaré que « notre combat n’est pas avec des armes, c’est avec foi. Je ne vais pas avec des armes, je vais avec ma foi et mon espérance ; avec une Bible dans ma main droite et sa lettre de démission dans ma main gauche ».

RÉACTIONS ÉVANGÉLIQUES

L’une des premières voix évangéliques boliviennes à s’exprimer a été celle de l’ancien député Napoléon Ardaya, qui a demandé « que le Congrès se réunisse pour examiner la démission du président et du vice-président et mener une succession constitutionnelle ».

Entre-temps, l’Association nationale des évangéliques de Bolivie (ANDEB), membre de l’Alliance évangélique mondiale, a publié une déclaration sur les médias sociaux appelant les Eglises du pays à « une période de jeûne et de prière de trois jours ».

« Prions pour la pacification et la cessation de la violence dans le pays et pour une transition afin de ramener l’ordre et la stabilité politique et sociale en Bolivie », ont-ils déclaré.

Par un autre document, l’entité a demandé aux dirigeants « d’écouter la voix du peuple et de prendre les décisions les plus appropriées pour vivre une coexistence pacifique et démocratique « .

« Des milliers d’églises à travers le territoire n’ont pas cessé de prier et de célébrer des cultes publics, et continueront à le faire jusqu’à ce que la tranquillité revienne complètement », ont-ils ajouté.

L’ANDEB a également lancé un appel général « au peuple bolivien, pour que la violence cesse, que la confrontation entre Boliviens ne soit pas encouragée, et que toute expression soit pacifique, afin de respecter les droits des autres ».

L’Association nationale des évangéliques de Bolivie a appelé à une période de jeûne et de prière de trois jours.

PASTOR NANETTI : « L’ESPOIR REVIENT EN BOLIVIE ».

Ces jours-ci, l’Assemblée générale de l’Alliance évangélique mondiale s’est tenue à Jakarta, et des dirigeants chrétiens boliviens y ont participé.

Le secrétaire général de l’Alliance évangélique espagnole, Xesús Manuel Suárez, a parlé de la situation dans son pays avec le pasteur bolivien Carlos Nanetti Pereira, juste avant la démission de Morales.

Question. Quelle est la situation actuelle en Bolivie ?

Réponse. C’est compliqué. Jusqu’à présent, le président croit en la violence, vénère la Pachamama (la déesse de la terre) et fait des sacrifices ; il agit d’un point de vue spirituel, de sorte que nous sommes dans une véritable bataille spirituelle, maintenant que l’Eglise s’est réveillée.

Evo Morales a gagné trois fois d’affilée, et il semblait que la nation dormait, malgré toute la sorcellerie qui a été faite. L’Église priait depuis des années, jusqu’à ce que Dieu nous montre qu’ils adoraient des dieux anciens, et seul Dieu pouvait s’en occuper.

Ainsi, après beaucoup de prière, Dieu nous a dit qu’Il allait purifier la nation. Nous ne savions pas comment, mais à la fin Dieu a suscité un nouveau leadership.

Le leader principal est un jeune croyant, Luis Fernando Camacho. Il a réussi, de façon miraculeuse, à réveiller et à unir la nation, qui était divisée parce que le gouvernement avait été occupé à semer des divisions.

Le secrétaire général de l’Alliance évangélique espagnole, Xesús Manuel Suárez et le pasteur bolivien Carlos Nanetti Pereira.

Q. Comment les églises évangéliques ont-elles géré tout ce processus ?

R. Un an avant les élections, Evo voulait établir une nouvelle législation de type communiste, castriste. Les médecins, qui étaient les plus touchés, sont sortis et ont protesté, mais la population en général n’y a pas prêté beaucoup attention. Puis les transporteurs se sont levés et les églises ont découvert que la nouvelle législation interdirait les réunions et la prédication, de sorte que les églises sont sorties pour prier. Le gouvernement a finalement retiré la nouvelle loi. Les églises ont alors commencé à s’excuser pour les divisions et ont commencé à prier avec tout leur dévouement. C’est ce qui a arrêté la loi ; les esprits de magie et de sorcellerie ont été repoussés et le pays s’est réveillé. Dans ces dernières protestations contre la fraude électorale, les églises sont avec le peuple, priant dans les rues, et cela change le cours de la nation.

Q. Qu’est-ce que les évangéliques boliviens attendent de l’avenir immédiat ?

R. Nous attendons une manifestation de la vie de Dieu cachée dans son Église.

Q. Cachée ?

R. Oui. Nous avons déjà eu un réveil dans l’Église, il y a déjà un fleuve de vie qui coule à l’intérieur de l’Église, mais maintenant Dieu manifeste cette vie cachée dans l’Église.

Q. Et qui dirigera le pays ?

A. Le leader évangélique Luis Fernando Camacho a gagné le soutien de la population. Il a sérieusement exposé sa vie pour défendre les libertés de tous, et il a été protégé, caché parce que le gouvernement le recherchait. Il a dirigé ce mouvement et les gens le respectent et le suivent. Quand beaucoup pensaient qu’un tyran se perpétuerait à nouveau au pouvoir par la fraude, l’oppression et la peur, l’histoire prend une direction inattendue. Seul Dieu est éternel, il « renverse et établit les rois » (Daniel 2:21). L’espoir revient dans les rues et les cœurs de Bolivie.

Source : http://evangelicalfocus.com/world/4888/Evo_Morales_leaves_Bolivia_as_evangelicals_pray_for_a_transition_to_bring_political_stability

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