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L’écologisme, nouveau totalitarisme ? Par Drieu Godefridi


Interdire tout ce qu’on peut, éco-taxer le reste : telle pourrait être la devise des écologistes en politique. Si le CO2 humain est le problème, alors l’homme doit être bridé, contrôlé, brimé dans chacune de ses activités émettrices de CO2 : c’est-à-dire l’intégralité de son agir. Fouillant l’écologisme depuis la racine de son éthique anti-humaniste jusqu’à la cime de ses revendications concrètes — bannir la voiture, l’avion, la viande, le nucléaire, la vie à la campagne, l’économie de marché, l’agriculture moderne, bref la Modernité depuis 1750 — Godefridi montre que l’écologisme définit une idéologie plus radicale dans ses prétentions liberticides, anti-économiques et finalement humanicides qu’aucun totalitarisme des siècles précédents. « Diviser l’humanité par dix” : tel est l’idéal écologiste. « C’est le peuple qui s’asservit, qui se coupe la gorge. » Etienne de La Boétie, « Discours de la servitude volontaire » (1549).


Recension du livre par un client Amazon


Comment est-il possible que les sympathiques « nouveaux ruraux », acheteurs de produits bios, marcheurs du dimanche pour le climat et des journées sans voiture, et les défenseurs infatigables d’un environnement sain et de la démocratie participative puissent être accusés de soutenir une idéologie « totalitaire » ? Bien sûr, nous avons tous été témoins, plus ou moins agacés, de la dimension moralisatrice, quasi religieuse, et arrogante de certains activistes, mais de là en faire les représentants d’une idéologie totalitaire ?
C’est ce paradoxe que l’auteur explique et dénoue avec conviction. Drieu Godefridi, docteur en philosophie et juriste, sollicite sa double expertise pour dé-couvrir les racines philosophiques ET les conséquences pratiques de l’idéologie écologiste.

Dans des chapitres courts, directs, argumentés et documentés, entremêlés d’un conte dystopique glaçant, l’auteur retourne, dans une 1ère partie, aux racines de cette idéologie. Il y décrit les idées radicales des penseurs et des acteurs de l’écologisme, notamment Paul Erhlich, Dennis Meadows, Hans Jonas. En plus de la misère choisie, qui ne serait dans l’absolu qu’un moindre mal, cette idéologie a aussi des aspects très malthusiens et menaçants pour la démocratie, qui, finalement, n’en sont que le froid et logique aboutissement : « si le CO2 est le problème, alors l’Homme est le problème », et « qui contrôle le CO2 contrôle la vie ».

Pure élucubration? Le climatologue réputé François-Marie Bréon ne dit-il pas dans Libération (28 juillet 2018) que : « On peut dire que la lutte contre le changement climatique est contraire aux libertés individuelles et donc sans doute avec la démocratie. »

Je voudrais noter que ces penseurs ne sont pas choisis arbitrairement par l’auteur : ils sont généralement considérés comme les « éveilleurs du mouvement écologiste » (Repaire, La création des Verts 2016, p. 103). Et l’équation de la philosophie de l’écologique politique selon Alain Lipietz c’est bien: « la pensée 68+Jonas+Habermas ». Je pense que l’explication de la raison pour laquelle nos contemporains ne perçoivent pas au premier abord la dimension totalitaire de l’Ecologie – élément que ne développe pas explicitement l’auteur mais en est le fil rouge- tient en ce que le fond de cette pensée est largement ignoré des sympathisants et même des militants (cet élément est fort bien montré dans la thèse récente de Vanessa Jerôme, « Militants de l’autrement. Sociologie politique de l’engagement et des carrières militantes chez Les Verts / EELV », 2014, pp 343 et 345). De plus, la pensée écologiste est une pensée « fourre-tout » (Peytavin, 1992), traversée de 3 grands courants (libéral-libertaire, environnementaliste et extrême gauche, voir Repaire, La création des verts, 2016, p. 109). Chaque sympathisant y fait son petit marché idéologique, sans se soucier du jardin entier ni dans quel terreau la tendance préférée a poussé, deux dimensions que l’auteur examine. Enfin, l’écologisme se revendique fièrement comme utopie. L’histoire récente de l’humanité a montré que c’est souvent en essayant de faire un paradis sur Terre que celle-ci est parfois devenue un enfer. Tout cela trouble inévitablement les repères, renforcé par le discours officiel de « ni gauche ni droite » et par la mise en avant des cadres au discours le plus présentable et le plus consensuel. Je pense que cet aspect « poupées russes» – où je ne sous-entend aucun complot- explique que la dimension totalitaire soit difficilement repérable par les citoyens ordinaires que nous sommes.

De toute façon, comme le disent les anglo-saxons, « the proof of the pudding is in eating it »: si, par hasard, la 1ère partie ne vous convainquait pas, la seconde décrit en détails les conséquences immédiates et concrètes pour les citoyens de l’application intégrale des principes de l’écologisme. Soit dit en passant, l’infographie récente de Novethic (du groupe bancaire Caisse des Dépôts) montre, de manière limpide et concrète, les conséquences sur notre quotidien d’une réduction de seulement 63% des émissions de CO2.

En conclusion : une doctrine aux soubassements inquiétants et méconnus par ses propres militants, un idéalisme utopique revendiqué, des remèdes plus que radicaux. Le lecteur est invité à y réfléchir mais aussi à retourner aux sources indiquées pour vérifier par soi-même.

Les lecteurs pressés ou plus concrets commenceront par la partie 2 ; ceux que les aspects philosophiques ne déroutent pas, commenceront par le commencement. Et que ceux qui n’aiment pas trop l’anticipation/science-fiction lui laissent une chance, car ce petit conte dystopique, qui, en bon conte, simplifie et grossit les traits (car beaucoup d’éléments sont déjà là ou en gestation), en éclaire de façon saisissante l’aboutissement ultime.


C’est ce paradoxe que l’auteur explique et dénoue avec conviction. Drieu Godefridi, docteur en philosophie et juriste, sollicite sa double expertise pour dé-couvrir les racines philosophiques ET les conséquences pratiques de l’idéologie écologiste.

Dans des chapitres courts, directs, argumentés et documentés, entremêlés d’un conte dystopique glaçant, l’auteur retourne, dans une 1ère partie, aux racines de cette idéologie. Il y décrit les idées radicales des penseurs et des acteurs de l’écologisme, notamment Paul Erhlich, Dennis Meadows, Hans Jonas. En plus de la misère choisie, qui ne serait dans l’absolu qu’un moindre mal, cette idéologie a aussi des aspects très malthusiens et menaçants pour la démocratie, qui, finalement, n’en sont que le froid et logique aboutissement : « si le CO2 est le problème, alors l’Homme est le problème », et « qui contrôle le CO2 contrôle la vie ».

Pure élucubration? Le climatologue réputé François-Marie Bréon ne dit-il pas dans Libération (28 juillet 2018) que : « On peut dire que la lutte contre le changement climatique est contraire aux libertés individuelles et donc sans doute avec la démocratie. »

Je voudrais noter que ces penseurs ne sont pas choisis arbitrairement par l’auteur : ils sont généralement considérés comme les « éveilleurs du mouvement écologiste » (Repaire, La création des Verts 2016, p. 103). Et l’équation de la philosophie de l’écologique politique selon Alain Lipietz c’est bien: « la pensée 68+Jonas+Habermas ». Je pense que l’explication de la raison pour laquelle nos contemporains ne perçoivent pas au premier abord la dimension totalitaire de l’Ecologie – élément que ne développe pas explicitement l’auteur mais en est le fil rouge- tient en ce que le fond de cette pensée est largement ignoré des sympathisants et même des militants (cet élément est fort bien montré dans la thèse récente de Vanessa Jerôme, « Militants de l’autrement. Sociologie politique de l’engagement et des carrières militantes chez Les Verts / EELV », 2014, pp 343 et 345). De plus, la pensée écologiste est une pensée « fourre-tout » (Peytavin, 1992), traversée de 3 grands courants (libéral-libertaire, environnementaliste et extrême gauche, voir Repaire, La création des verts, 2016, p. 109). Chaque sympathisant y fait son petit marché idéologique, sans se soucier du jardin entier ni dans quel terreau la tendance préférée a poussé, deux dimensions que l’auteur examine. Enfin, l’écologisme se revendique fièrement comme utopie. L’histoire récente de l’humanité a montré que c’est souvent en essayant de faire un paradis sur Terre que celle-ci est parfois devenue un enfer. Tout cela trouble inévitablement les repères, renforcé par le discours officiel de « ni gauche ni droite » et par la mise en avant des cadres au discours le plus présentable et le plus consensuel. Je pense que cet aspect « poupées russes» – où je ne sous-entend aucun complot- explique que la dimension totalitaire soit difficilement repérable par les citoyens ordinaires que nous sommes.

De toute façon, comme le disent les anglo-saxons, « the proof of the pudding is in eating it »: si, par hasard, la 1ère partie ne vous convainquait pas, la seconde décrit en détails les conséquences immédiates et concrètes pour les citoyens de l’application intégrale des principes de l’écologisme. Soit dit en passant, l’infographie récente de Novethic (du groupe bancaire Caisse des Dépôts) montre, de manière limpide et concrète, les conséquences sur notre quotidien d’une réduction de seulement 63% des émissions de CO2.

En conclusion : une doctrine aux soubassements inquiétants et méconnus par ses propres militants, un idéalisme utopique revendiqué, des remèdes plus que radicaux. Le lecteur est invité à y réfléchir mais aussi à retourner aux sources indiquées pour vérifier par soi-même.

Les lecteurs pressés ou plus concrets commenceront par la partie 2 ; ceux que les aspects philosophiques ne déroutent pas, commenceront par le commencement. Et que ceux qui n’aiment pas trop l’anticipation/science-fiction lui laissent une chance, car ce petit conte dystopique, qui, en bon conte, simplifie et grossit les traits (car beaucoup d’éléments sont déjà là ou en gestation), en éclaire de façon saisissante l’aboutissement ultime.

Dieu Godefridi, L’écologisme, nouveau totalitarisme ? Éditions Texquis, 6 mai 2019. 160 pages. Disponible sur Amazon.


L’écologisme, nouveau totalitarisme? La réponse est oui selon Drieu Godefridi.

Par Francis Richard

13 mai 2019

L’écologisme, avant d’être aujourd’hui l’idéologie du réchauffement climatique d’origine anthropique, est déjà un anti-humanisme.

Pour cette idéologie, l’homme n’est qu’une créature parmi d’autres. Il ne lui est reconnu qu’un primat, celui d’être capable de nuire au « Tout-vivant ».

Avec sa démographie, l’homme va épuiser les ressources de Gaïa : c’est pourquoi l’écologisme prône le dénuement, la précarité, la décroissance et, finalement, la misère choisie.

Comme le dit très bien l’auteur : la variable erronée est celle des ressources : par l’inventivité technique, l’homme fait croître les ressources de façon exponentielle.

Cette inventivité a permis deux phénomènes concomitants, que Malthus n’avait pas prévus : l’explosion démographique et la régression partout de la faim, grâce à l’agriculture moderne :

Les famines subsistantes sont généralement causées par la guerre, souvent dans des pays sous-peuplés, comme la Bolivie.

Avec le réchauffement climatique présumé d’origine anthropique, le nouvel écologisme se veut scientifique et l’homme est à la fois cause du problème et son remède :

Pas un seul geste ni activité de l’homme qui ne génère du CO2.

Alors, puisque le CO2 humain est le problème, il faut empêcher l’homme d’en émettre : il doit être bridé, contrôlé, domestiqué dans chacune de ses activités.

Drieu Godefridi rappelle qu’il n’existe aucun totalitarisme qui fasse l’économie d’un ennemi. En l’occurrence, l’ennemi de l’écologisme, c’est l’homme, dont le nombre doit être réduit d’une manière ou d’une autre.

Pourquoi le nouvel écologisme a-t-il tant de capacité de nuisance, alors qu’il n’aura jamais de succès démocratique en raison de la précarité qu’il garantit et de la décroissance qu’il préconise ?

– Parce qu’il se prétend scientifique, ce qu’il ne peut pourtant pas être à partir du moment où il s’aventure dans le champ politique.

– Parce que ses adeptes sont passés maîtres dans la colonisation des lieux de pouvoir à l’échelon international.

– Parce que les journalistes qui le soutiennent ont abandonné leur rôle d’observateurs pour celui de militants.

– Parce qu’il n’hésite pas à embrigader des enfants, ce qui rappelle les heures les plus sombres du XXe siècle.

Le nouvel écologisme se traduit par la subordination des libertés à l’exigence climatique. Il faut :

– renoncer à l’avion (qui pourtant facilite les échanges non seulement économiques, mais intellectuels et culturels) ;

– renoncer aux transports privés (qui pourtant permettent de circuler librement, ne consomment pas davantage de CO2 que les transports publics et ne polluent presque plus) ;

– rationner la consommation de viande (il n’y a pas de primat de l’homme) ;

– réduire les volumes agricoles produits (ce qui implique de réduire le nombre de bouches à nourrir) ;

– sortir du nucléaire (qui n’émet pourtant pas de CO2) ;

– diminuer les soins aux personnages âgées ;

– étendre l’euthanasie aux personnes qui ne sont pas ou plus en mesure d’exprimer leur volonté ;

– avoir un enfant de moins.

Pour atteindre ces objectifs, il faut donc que les libertés individuelles soient mises en balance avec l’impératif climatique :

Une liberté ne sera accordée que dans la mesure où les émissions de CO2 qu’elle induit seront jugées raisonnables par ceux qui disent le droit international…

Drieu Godefridi conclut :

Des racines de sa « métaphysique de la nature » (sic) à la cime de ses prétentions concrètes, l’écologisme est un totalitarisme.

L’écologisme, nouveau totalitarisme?, Drieu Godefridi, 180 pages, Texquis.

Publication commune avec lesobservateurs.ch.

Source : http://www.francisrichard.net/2019/05/l-ecologisme-nouveau-totalitarisme-de-drieu-godefridi.html

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