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Le vide moral et spirituel de l’Europe invite aux actes de terrorisme

Iben Thranholm

 

Iben Thranholm examine les événements politiques et sociaux en mettant l’accent sur leurs aspects religieux, leur signification et leurs implications morales. Elle est l’une des chroniqueuses les plus lues du Danemark sur ces questions. Thranholm est une ancienne rédactrice en chef et animatrice de radio à la Danish Broadcasting Corporation (DR), où elle a créé un programme d’informations religieuses qui établit une nouvelle norme en matière d’analyse religieuse dans la salle de presse. Elle a beaucoup voyagé au Moyen-Orient, en Italie, aux États-Unis et en Russie pour mener des recherches et des entretiens. Elle a été récompensée pour ses recherches d’investigation sur la couverture médiatique des questions religieuses par les médias danois.

Le vide moral et spirituel de l'Europe invite aux actes de terrorisme© Toby Melville © Reuters
Ces jours-ci, les médias débordent de commentaires et d’analyses sur les attaques terroristes de vendredi dernier à Paris. Un angle particulier est systématiquement ignoré – ou banni : la religion.
C’est une curieuse omission puisque les terroristes eux-mêmes publient des déclarations indiquant que la religion est leur motivation.
La déclaration dans laquelle l’Etat Islamique assume la responsabilité des attaques à Paris est faite au nom d’Allah et les meurtres sont qualifiés d' »attaque bénie dont Allah a facilité les causes ». Elle déclare que Paris été prise pour cible car c’est « une capitale des abominations et de la perversion » et « celle qui porte la bannière de la croix en Europe ».
L’EI qualifie constamment les Parisiens de « croisés » – le public du Bataclan, cependant, est appelé « idolâtres (rassemblés) dans une fête de perversité ». La déclaration se termine par une menace terroriste qui frappe ceux qui ont « osé insulter notre prophète, s’être vanté de combattre l’islam ».
Un examen plus approfondi du caractère des attentats révèle avec une clarté croissante leur signification symbolique. Ils ont été effectués un vendredi, la fête musulmane. Les victimes du Bataclan écoutaient de la musique, qui est interdite par l’islam fondamentaliste, et les premières cibles à être atteinte étaient des invités au bar qui buvaient de l’alcool. Le symbolisme a pris une nouvelle dimension lorsque les auteurs ont commencé à tirer sur le public qui écoutait une interprétation par le groupe « Eagles of Death Metal » de sa chanson populaire « Kiss the Devil ».
Dans une série d’images prises quelques instants avant le début du massacre, on voit des membres de l’auditoire confectionner le signe de la main utilisé pour le culte du diable, l’index et le petit doigt levés pour se préparer à chanter, accompagnés des paroles sinistres :
Qui aimera le diable?
Qui chantera sa chanson?
Qui aimera le diable et sa chanson?
J’aimerai le diable!

Je chanterai sa chanson!

Quelle ironie diabolique : le public dans la salle de concert chante au diable et est ensuite abattu de sang froid par des djihadistes prétendant servir Allah en annihilant des païens célébrant et invoquant le diable.
Les Parisiens semblent dépourvus de tout sens de la réalité spirituelle qu’ils invitent. Pourtant, leur invocation a été entendue et répondue.
Quelle scène déchirante. Des serviteurs d’Allah et des fêtards païens devenant un sacrifice de sang diabolique.
En dépit des références constantes et sans équivoque de l’EI à Allah en tant que motivation de ses actes terroristes, les politiciens et les médias refusent systématiquement de reconnaître la religion, sans parler de la mentionner.
Au lieu de cela, ils transforment leur rhétorique en figures fantastiques d’irréalité en soulignant que le monde n’est pas en guerre avec l’islam, étayé par des allégations selon lesquelles l’EI n’est pas islamique, et pour ce faire, ils ont adopté le nouveau nom de marque Daech, apparemment pour exprimer la négation de l’islamisme en tant que foi religieuse.
Lorsque François Hollande a pris la parole au congrès de Versailles peu après les attentats, il a refusé de lier les atrocités commises à l’islam avec même un seul mot. Obama a également répété à maintes reprises que l’Occident n’était pas en guerre avec l’islam.
La religion est donc un tabou total dans le narratif de la lutte contre le terrorisme. Il y a deux raisons à cela. La première est le politiquement correct : l’idéologie du sécularisme énonce la doctrine selon laquelle la religion n’est pas pertinente, car elle n’est pas l’un des idéaux des Lumières et doit donc être ignorée, sauf dans la mesure où elle est transformée en objet de dérision. L’autre raison, plus importante, est qu’il y a peu de sensibilité à la religion et à la spiritualité en Europe – et aucune parmi l’élite politique.
C’est la racine du problème.

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