Articles, Christianisme, Exégèse et herméneutique, La Bible et l'histoire, Le christianisme dans le monde, Missiologie, Témoignages, Théologie

Quand l’Evangile du salut devient la malédiction du monde – À la recherche du Royaume perdu (5)


Quand l’Evangile du salut devient la malédiction du monde


A la recherche du Royaume perdu (5)


Réapprendre à colorier !

« Alors tous allèrent manger et boire, faire porter des parts aux pauvres et organiser de grandes réjouissances. Car ils avaient bien compris les paroles qu’on leur avait enseignées. »

Néhémie 8:12.

« Il envoya sa parole, il les guérit et il les fit échapper à la tombe. »

Psaumes 107:20.

Alors que l’hôtesse qui procédait à l’embarquement passa dans ma section, elle regarda fixement dans ma mallette ouverte et me demanda : « Vous allez faire du coloriage pendant le vol d’aujourd’hui ? » Il y avait là, à côté de ma Bible, huit crayons de couleur. Dès le moment où je réalisai ce que Dieu me disait à travers la révélation donnée dans le champ de maïs, je sus ce que j’avais à faire. À la première occasion, je m’achetai des crayons de couleur et une nouvelle bible pour étudier ce que Dieu enseigne au sujet de chaque domaine d’influence de la société – gouvernement, économie, famille, etc. Je commençai avec les livres de Moïse, parce qu’à l’évidence son travail était d’enseigner ces choses à une nation. Ensuite, je parcourus le reste de la Bible pour y voir toutes les indications de Dieu pour chaque domaine donné. Je ne crois pas m’être autant enthousiasmée pour quelque chose depuis l’invention de la télévision !

J’avais déjà une idée des domaines que j’étudierais dans l’Écriture parce que l’Université des Nations, dont j’étais la fondatrice et où j’étais la doyenne internationale de la faculté de communication, avait été développée autour du concept que certaines sphères d’influence font d’une nation un disciple. Je choisis le gouvernement, l’économie, la famille, la science (y compris la technologie), les arts et divertissements, la communication, l’éducation, et bien sûr le travail traditionnel de l’Église. Dans ma pensée, à mes débuts, l’étude elle-même confirmerait si oui ou non c’étaient des catégories fondamentales dans la Parole de Dieu. Le but de ma recherche était de voir quel accent était placé sur chaque catégorie et quels principes étaient donnés. En même temps, je coloriai les thèmes traditionnels du salut et du témoignage dans une autre bible. C’est un très bon outil pour étudier ce que la Bible a à dire sur ces sujets et j’étais encouragée : j’étais sur la bonne voie en utilisant différentes couleurs pour l’étude de chaque domaine. Je commençai donc à colorier.

Mal de tête à l’étude de la Bible

Dès le premier jour, cette étude était si intense que je ne pouvais la mener que par tranches de vingt ou trente minutes. Cela me demandait un changement tellement radical de ma façon de lire la Parole que j’en avais mal à la tête. Je sentais mes yeux se tordre dans leur orbite, littéralement. J’étais si profondément touchée dans ma lecture que je devais me lever, faire les cent pas dans la pièce, et prier pour recevoir de l’aide pour absorber tout ce que Dieu disait, tout ce dont j’étais passée à côté depuis presque trente années d’étude de la Bible. Mon esprit dichotomisé entre séculier et sacré continuait à se révolter contre ce que je voyais dans la Parole et m’accusait de réduire l’Évangile au social et de séculariser la Parole de Dieu. Cependant, en priant, en étudiant et en cherchant l’aide de Dieu, je vis ce que Dieu enseigne sur la vie dans son intégralité. Dieu enseignait le gouvernement. Si c’était quelque chose de séculier, alors Dieu était séculier. Ce n’était pas à moi de dire à Dieu dans quels domaines Il pouvait s’impliquer. C’était à Dieu de me dire ce qui était compris dans son Royaume. Jour après jour, pendant cinq ans, mon esprit fut battu par le souffle de l’Évangile du Royaume perdu. Bien des fois, je voyais où de grands hommes et de grandes femmes de Dieu avaient trouvé les principes qu’ils avaient appliqués pour changer des nations et en faire des disciples – des principes et des valeurs qui sont clairs dans l’Écriture, des valeurs auxquelles nous attachons de l’importance dans les « nations christianisées », des principes que nous n’enseignons plus, que nous ne comprenons plus et que nous ne pourrions plus articuler avec l’autorité de la Bible en arrière-plan.

Je fus navrée de voir l’immense proportion de la Parole de Dieu que nous n’utilisons plus parce que cela ne rentre pas dans le cadre de ce que nous enseignons et soulignons. Je pris conscience du nombre important de passages dont nous détournons le sens en vue d’enseigner des sujets qui correspondent à nos propres intérêts. Tout ce processus fut profondément personnel, puisque j’avais passé ma vie précisément à étudier et enseigner ces distorsions. J’avais parcouru presque la moitié des pays de la terre en leur donnant moins de 20 % de la sagesse de Dieu. J’avais conduit des programmes de discipulat durant plus de la moitié de ma vie, programmes qui laissaient toujours de côté 80 % de la nature et du caractère de Dieu et ses voies parfaites dans toutes les sphères de la vie.

Ta splendeur m’emportera.

D’un autre côté, alors que je m’affligeais de n’avoir vu qu’une petite partie de la révélation de Dieu, je me réjouissais également et j’adorais ce Dieu que je n’avais jamais connu avant qu’Il ne se révèle à moi. Je voulais sortir en courant et crier sur les toits : « Vous n’avez pas idée de la grandeur de Dieu ! Vous n’avez pas idée de la grandeur de la bonne nouvelle de Dieu ! » Mon cœur s’emballait littéralement devant cette révélation : la seigneurie de Christ et son Royaume sont plénitude et grandeur insurpassables ! Le salut et la vie qu’Il me donnait, étaient le pivot de ma vie, mais ce n’était rien en comparaison avec la révélation quotidienne du reste de l’Évangile et de la grandeur de son Royaume. De même que j’avais pensé mourir en raison de mon besoin de révélation quelques années auparavant, je me sentais emportée par la splendeur de la révélation de Dieu lui-même.

En réduisant l’Évangile au seul salut, nous avions aussi réduit notre révélation de Dieu à la vérité qu’Il est le Sauveur. De fait, Il est réellement notre sauveur. C’est une révélation merveilleuse et essentielle pour franchir les portes de son Royaume. Cependant, nous avons perdu la révélation du Roi des rois, du Seigneur de justice… de Jéhovah Jireh, Seigneur de l’économie, du Père, Seigneur de la famille… du Dieu créateur, Seigneur des sciences et de la technologie… de la Parole vivante, Seigneur de la communication… du Potier, Seigneur des arts et de la beauté… du grand Maître, Seigneur de l’éducation. Nous utilisons ces noms et adorons ces images, mais nous ne comprenons plus la suprématie de Christ dans chacun de ces domaines et de ces vocations.

Nous avons un Jésus miniature.

Aujourd’hui, nous donnons l’image d’un Christ miniature, en étant sauvés, puis en nous tenant aux portes du Royaume à appeler les autres au salut. Nous ne savons pas comment aller plus loin que le vestibule dans la grandeur de Dieu dans tous les domaines de la vie. Nous ne savons pas réfléchir au programme politique de Dieu. Nous ne savons pas ce que l’Évangile a à dire sur la construction économique de nos vies et de nos communautés. Nous ne savons pas faire tenir nos mariages. Nous n’avons pas le temps pour des activités séculières comme les arts. Nous nous regroupons dans le hall de la grande demeure de Dieu et essayons de nous trouver une définition à cet endroit-là, parce que nos vies sont de moins en moins en lien avec le monde extérieur. Est-il donc surprenant que nous nous concentrions sur nos expériences et nos sentiments, cherchant un refuge loin du monde dans lequel nous vivons plutôt que de nous y engager ? Si nos esprits ne sont pas défiés et si nous sommes fermés à toute autre sphère de la vie, à l’exception du salut, que reste-il ?

Voilà presque dix ans que je travaille sur ce livre, que je regarde l’Écriture dans la perspective de Dieu qui enseigne dans ces domaines. J’ai colorié ma Bible plusieurs fois : ce que Dieu dit du gouvernement, de l’instruction, de l’économie, de la famille, des arts, de la science et de l’Église. Quotidiennement, mon âme, mon esprit et mon cœur explosent de reconnaissance pour ce que Dieu est et pour les trésors qu’Il nous a donnés en Jésus-Christ. Je n’ai pas honte de cet Évangile parce qu’il est pertinent pour tous les besoins de l’homme et pour tout ce à quoi nous faisons face dans le monde actuel.

Dans la seconde partie, j’espère vous donner les débuts de cette grande révélation de la nature et du caractère de Dieu dans tout ce qu’Il a fait. Ces idées ne font qu’effleurer la surface de la Parole. C’est l’étude d’une vie entière, et je vous appelle à me rejoindre sur le chemin, le chemin qui nous ramène à l’Évangile du Royaume – un voyage pour rencontrer le Dieu de toutes choses.

Avez-vous faim ? Bienvenue au festin !

Source : http://sentinellenehemie.free.fr/anonyme29_5.html

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.