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Présuppositionnalisme chez les Pères de l’Église

Note de La Lumière : Quelques citations de certains Pères de l’Eglise montrant leur conviction ferme dans l’autorité des Écritures et leur approche apologétique résolument présuppositionnelle qui contraste fortement avec le rationalisme excessif de la méthode évidentialiste telle que pratiquée par les apologètes modernes, y compris chez ceux qui se revendiquent de la tradition aristotélico-thomisme. Cette page sera régulièrement enrichie.


« La parole de vérité est libre et porte sa propre autorité (autexousios), dédaignant de tomber sous le coup de tout argument habile ou de supporter l’examen logique (di ‘apodeixeōs exetasin hypomenein) de ses auditeurs. Mais on la croirait pour son propre compte, en raison de sa noblesse et pour la confiance due à celui qui l’envoie. Or la parole de vérité est envoyée par Dieu ; c’est pourquoi la liberté revendiquée par la vérité n’est pas arrogante. En raison de son autorité, il n’était pas digne de demander de produire une preuve de ce qui est dit, puisqu’il n’y a pas non plus de preuve au-delà d’elle-même, qui est Dieu, car chaque preuve (apodeixis) est plus puissante et digne de confiance que celle qu’elle prouve … Mais rien n’est plus puissant ni plus fiable que la vérité. » (Rés. 1.1-6).

De la résurrection, autrefois attribué à Justin mais probablement écrit par un autre écrivain du deuxième ou du début du troisième siècle.

Clément d’Alexandrie :

«Si quelqu’un dit que la connaissance est fondée sur la démonstration par un processus de raisonnement, qu’il s’entende dire que les principes fondamentaux ne peuvent pas être démontrés. » (Stromateis 2.4 13.4).

« Si une personne a foi dans les Écritures divines et a un jugement ferme, elle reçoit alors comme démonstration irréfutable (apodeixin anantirrhēton) la voix de Dieu qui lui a accordé ces Écritures. La foi n’exige plus la confirmation d’une démonstration (di ‘apodeixeōs oxyrōmenē). ‘Heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru’ (Jean 20:29).” (Strom. 2.2.9.6).

« Car, dans le Seigneur, nous avons le premier principe (tēn archēn) d’instruction qui nous guide vers la connaissance du premier au dernier » de différentes manières et selon des portions diverses « (Héb. 1: 1) à travers les prophètes, l’Evangile et les bienheureux apôtres. Et, si quelqu’un supposait que le premier principe avait besoin de quelque chose d’autre, ce dernier ne pourrait plus être réellement maintenu comme principe de base. Celui qui croit en lui-même l’Ecriture du Seigneur et sa voix réelle (t kyriakē graphē te kai phōnē) est digne de croyance … Certes, nous l’utilisons [Écriture] comme critère (kriteriō) pour la découverte des faits réels. Mais tout ce qui entre en jugement ne doit pas être cru avant d’être jugé, de sorte que le besoin de jugement ne peut pas être un principe premier. Avec raison, ayant donc saisi notre principe premier par la foi sans preuve (anapodeikton), nous obtenons nos preuves (apodeixeis) concernant le premier principe ex abondanti du principe lui-même, et sommes ainsi formés par la voix du Seigneur pour la connaissance de la vérité. En effet, nous ne prêtons aucune attention aux simples affirmations des hommes, qui peuvent être vérifiées par des affirmations tout aussi valables de l’autre côté. Si, toutefois, il ne suffit pas simplement d’exprimer son opinion, mais si nous devons prouver (pistōsasthai) ce qui est dit, nous n’attendons pas le témoignage des hommes, mais nous prouvons le point (pistoumetha) en question par la voix du Seigneur, qui est plus fiable que toute démonstration ou qui est la seule démonstration réelle (apodeixis). « (Stromateis 7.16.95)

Traduction de Henry Chadwick et J. E. L. Oulton, éds., Christianisme alexandrien. Traduction d’extraits choisis de Clément et d’Origène (Louisville et Londres: Westminster John Knox, 1954), 155. Le texte grec vient d’Otto Stählin, éd., Clemens Alexandrinus, vol. 3, Stromata Buch VII et VIII, extrait de Theodoto, Eclogae Propheticae, Quis Dives Salvetur, Fragmente, GCS 17 (Leipzig: J. C. Hinrichs’s Buchhandlung, 1909).

Grégoire de Nysse :

«Nous ne pouvons pas affirmer ce que nous voulons. Nous faisons de la Sainte Écriture la règle et la mesure de chaque principe. Nous n’approuvons que ce qui peut être fait pour s’harmoniser avec l’intention de ces écrits » (De anima et resurr., MG 46, 49B). L’Écriture est «le guide de la raison» (Contra Eunom. I, 114, 126), «le critère de la vérité» (107)

Cité dans J. Quasten, Patrology, 3 volumes, vol. 3, The Golden Age of Greek Patristic Literature (Westminster, MD: Christian Classics Inc., réimp. de 1984 de l’original de 1950), 284.

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