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Une agence des Nations Unies pour les femmes, désespérée, agace les diplomates pro-vie et veut plaire à l’Union Européenne.

En tant que lecteur du Fax Friday, vous savez une chose que la plupart des spécialistes internationaux chevronnés ignorent : les États-Unis et l’Europe peuvent bien être des alliés solides dans le domaine de la sécurité internationale, mais ils divergent sur les politiques sociales internationales.

Nous vous présentons deux articles qui illustrent ce sujet. Des diplomates nous racontent que l’Agence ONU Femmes a délibérément introduit une terminologie liée à l’avortement dans un avant-projet d’accord pour la prochaine Commission sur le Statut des Femmes pour prêter main-forte aux Européens contre l’administration Trump dans les prochaines négociations. Et l’administration Trump s’est opposée aux Européens cettte semaine lors du conseil d’administration de l’Organisation Mondiale de la Santé alors qu’ils voulaient introduire une terminologie controversée concernant la « santé reproductive ».

Portez la bonne parole.

Sincèrement,

Susan Yoshihara, Ph.D.
Premier Vice Président

Source : Friday Fax, Vol. 22, n° 6.


ONU Femmes veut plaire à l’Union Européenne dans un projet d’accord sur les femmes.

Par Stefano Gennarini, J.D.

NEW YORK, 8 février 2019 (C-Fam)

L’agence ONU Femmes a introduit une terminologie controversée liée à l’avortement dans un projet d’accord sur les questions touchant aux femmes. Les spécialistes considèrent qu’elle a fait cela pour flatter les puissants donateurs européens en essayant de rester dans la ligne qui leur convient.

La version préliminaire des conclusions annuelles agréées de la Commission de l’ONU sur le Statut des Femmes a été publiée cette semaine. Le projet utilise une terminologie controversée concernant “les droits et la santé sexuelle et reproductive” qui a été maintes fois rejeté par des états membres de l’ONU. Ce langage est associé avec le droit à l’avortement, les droits LGBT et autres programmes polémiques.

Un délégué déçu a déclaré au Friday Fax : “Ils auraient dû commencer avec la terminologie de l’an passé”. Il faisait référence à un accord qui autorisait le terme lié à l’avortement “santé sexuelle et reproductive” à condition qu’il exclue tout droit international à l’avortement.

La version préparée par l’agence onusienne pour les femmes utilise la phraséologie “droits et santé sexuelle et reproductive”.

Elle introduit une confusion entre deux termes définis de façon indépendante l’un de l’autre, “santé sexuelle et reproductive” et “droits en matière de reproduction”. La nouvelle terminologie n’a pas de définition claire et a été utilisée en association avec le droit à l’avortement et les droits LGBT. Ce nouveau terme est particulièrement polémique parce qu’il implique des “droits sexuels”. Les états africains et arabes contestent cette notion du fait de leurs mœurs sociales conservatrices.

Des diplomates de l’ONU ont déclaré au Friday Fax qu’il s’agissait d’une initiative réfléchie. L’agence ONU Femmes a probablement décidé de prendre une position extrême afin de donner aux Européens un avantage dans les prochaines négociations.

“ONU Femmes l’a introduit délibérément afin que nous exigions de revenir à la terminologie approuvée l’an dernier”, nous a déclaré une déléguée qui n’en était pas étonnée. Selon elle, cela a été fait dans l’objectif que le compromis de l’an dernier constitue une position de repli pour les négociations à venir.

Mais cette terminologie pourrait aussi être vue comme le reflet de l’influence de la bureaucracie de l’Union Européenne sur les agences et les négociations de l’ONU.

La terminologie dans le projet de texte correspond à celle utilisée par le Conseil des Ministres Européen dans ses directives annuelles à l’attention des diplomates de l’Union Européenne.

Un délégué a souligné que c’était “s’aligner sur les instructions des pays de l’Union Européenne qui continuent à être les principaux financeurs de [ONU Femmes]”. Alors que les États-Unis financent 22% du budget principal de l’ONU, l’Union Européenne finance collectivement à peu près 30% de ce budget, et a donc plus d’influence dans le choix des orientations de l’ONU.

Le délégué a expliqué : “Ils y mettent leur propre terminologie pour montrer aux donateurs qu’il y a eu un progrès et espèrent lors des négociations qu’au moins la moitié de leurs suggestions seront prises en compte”.

Un autre diplomate a déclaré au Friday Fax : “ONU Femmes s’est de plus en plus éloigné de son mandat : promouvoir l’égalité de genre et l’émancipation des femmes.”

Il a indiqué que ONU Femmes était en train de traverser une crise structurelle : “ONU Femmes essaye de maintenir sa compétence et ne pas devenir dépendante d’une autre agence de l’ONU. Ils tentent d’élargir leur domaine de compétence afin d’avoir plus de pouvoir dans le système onusien. La promotion de l’avortement n’est pas dans leur mandat donné par l’Assemblée Générale”, néanmoins ils en font maintenant la promotion, ainsi que celle des questions LGBT”.

Source : https://c-fam.org/friday_fax/onu-femmes-veut-plaire-lunion-europeenne-dans-un-projet-daccord-sur-les-femmes/


Des activistes réclament l’avortement dans la résolution sur la couverture universelle de santé, les USA le repoussent.

Par Rebecca Oas, Ph.D.

WASHINGTON D.C., le 8 février 2019 (C-Fam), les États-Unis ont repoussé les tentatives d’insertion de l’avortement dans la résolution de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la couverture universelle de santé, lors de la rencontre du conseil d’administration de l’agence qui vient de se conclure.

Le conseil d’administration a adopté la résolution le 1er février. Le problème est devenu une priorité pour les agences de l’ONU.

La résolution mentionnait des accords internationaux pour fournir “un accès universel aux services de soins de la santé sexuelle et reproductive” et “l’intégration de la santé reproductive dans les stratégies et programmes”. Cela a déclenché un intense débat à huis-clos. Après son adoption, les USA se sont dissociés de la terminologie “santé reproductive” qui a “évolué pour inclure l’avortement”. La déclaration des délégués américains expliquait qu’un tel langage avait été utilisé pour forcer les pays à changer leurs lois sur l’avortement et normaliser l’activité sexuelle des adolescents.

La résolution sera présentée pour adoption par l’OMS qui se réunira à Genève en mai de cette année.

Les défenseurs de l’avortement étaient aussi déçus de la résolution qui, selon eux, n’allait pas assez loin pour promouvoir un accès universel à l’avortement. Women Deliver a déclaré que la discussion sur les soins universels serait “infructueuse” si elle n’incluait pas “la santé et les droits sexuels et reproductifs (SDSR)” qui “incluent… l’accès à des avortements sûrs [et] une éducation sexuelle complète”. C’est une formulation différente de celle incluse dans la résolution.

D’autres groupes pro-avortement ont soumis des déclarations au conseil d’administration réclamant des gouvernements de retirer “les lois qui pénalisent certains services comme l’avortement [et] les exigences de consentement de tiers, tels que les parents ou le conjoint”.

Malgré une rafale d’éditoriaux exprimant leurs listes de vœux, les féministes et les défenseurs de l’avortement ont admis avoir échoué à atteindre la plupart de leurs buts dans la résolution finale. Par exemple, lors de la réunion du conseil, les Pays-Bas ont été déçus que le rapport de l’OMS sur l’atteinte des objectifs de l’ONU pour 2030, incluant les Objectifs de Développement Durable, réfère à l’Objectif 3 sur la santé et non à l’Objectif 5 sur l’égalité des genres.

Tandis que quelques pays européens et des organisations pro-avortement étaient catégoriques sur le besoin d’inclure les SDSR, l’enthousiasme n’était guère répandu. Le principal débat se focalisait sur des problèmes tels que faire cohabiter les droits de propriété intellectuelle avec la provision d’accès aux médicaments pour tous.

Pendant ce temps, le combat autour du langage SDSR continuera à l’Assemblée Générale de l’ONU. En décembre, l’ONU a décidé de tenir sa première réunion de haut-niveau sur la couverture universelle de santé durant 2019.

La violente condamnation de la terminologie “santé reproductive” de la part des délégués américains décrit précisément la façon dont des mots apparemment innocents dans d’obscures résolutions peuvent avoir des effets nocifs à travers le monde. Mais ces mots restent cependant dans la résolution. La dissociation des USA n’empêche en rien l’OMS de promouvoir l’avortement dans d’autres pays. La phrase “santé reproductive” est largement interprétée comme incluant l’avortement, tant aux USA qu’internationalement. Par exemple, la récente loi de l’État de New York étendant les droits à l’avortement est intitulée “Loi sur la Santé Reproductive”.

Les États-Unis ont pris une position similaire l’an passé lors de la Déclaration d’Astana sur les soins de première nécessité. Tandis que la phrase “santé reproductive” apparaissait dans la déclaration, les USA ont insisté sur l’inclusion d’une note de bas de page pour clarifier. Ils ont rappelé l’avertissement de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement de 1994 qui établissait qu’“en aucun cas l’avortement ne devrait être promu comme une méthode de planning familial”.

Il reste à voir si les USA vont aller au-delà des déclarations et de leur dissociation d’avec le langage utilisé et bloquer le consensus sur un accord en vue de s’assurer que la phrase controversée soit effacée.

Traduction: Christophe Emery

Source : https://c-fam.org/friday_fax/des-activistes-reclament-lavortement-dans-la-resolution-sur-la-couverture-universelle-de-sante-les-usa-le-repoussent/

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