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Ouganda : une théologie des nations et un appel à la prière adressé aux chrétiens afin que Dieu change leurs nations

Par Labanjjumba

LABANJJUMBA FAISAIT PARTIE DES FONDATEURS DE LA FAMILLE D’ÉGLISES « DELIVERANCE CHURCH », UN RÉSEAU CRÉÉ EN OUGANDA AU DÉBUT DES ANNÉES 1970. EN 1985, LABAN ET UNE ÉQUIPE DE RESPONSABLES CHRÉTIENS ONT FONDÉ «INTERCESSORS FOR AFRICA», UN MOUVEMENT DE PRIÈRE ET DE FORMATION DE RESPONSABLES POUR TOUT LE CONTINENT AFRICAIN AYANT POUR BUT DE FAIRE ENTRER L’AFRIQUE DANS SA DESTINÉE. LABAN INTERVIENT COMME ORATEUR DANS DE NOMBREUSES CONFÉRENCES ET ÉGLISES EN AFRIQUE ET DANS LE MONDE.

J’intercède pour ma nation, l’Ouganda, depuis plus de 40 ans. Les gens pensent que nous sommes de véritables héros de la foi, comme Néhémie, pour avoir réussi à prier aussi longtemps pour notre nation. Bien au contraire, ce sont les circonstances au fil des années qui nous y ont poussés !

J’entamais ma deuxième année universitaire en 1971 lorsque le dictateur Idi Amin Dada a renversé le pouvoir de Milton Obote grâce à un coup d’état. Les huit années qui ont suivi, la nation a sombré dans le chaos et les chrétiens ont été persécutés. Nous n’avons donc pas eu d’autres choix que de nous tourner vers Dieu dans la prière.

Comme nous avions grandi dans des églises qui nous ont appris à demander à Dieu « notre pain quotidien», nous avions l’habitude de prier que Dieu protège nos familles, nos proches et nos amis. Maintenant que la situation devenait intenable, nous n’avions pas d’autre alternative que de prier pour que Dieu intervienne dans les affaires de notre nation. À l’époque, nous ne savions pas grand-chose sur la prière et l’intercession et nous n’adhérions à aucune théologie des nations. Nous désirions juste que Dieu intervienne dans nos souffrances et notre persécution.

Quelle surprise alors de voir que Dieu répondait à nos prières ! Pour moi, ces réponses représentaient un réel encouragement car je n’aurais jamais pensé que la prière puisse influencer les affaires de l’État. En effet, les gouvernements et les chefs d’État étaient hors de portée de ma sphère d’influence. J’étais un individu perdu dans l’immensité de l’humanité et je désirais juste avoir une vie paisible. Mais lorsque Dieu a commencé à répondre à nos petites prières concernant les grands enjeux de société, nous avons été encouragés à redoubler d’efforts dans l’intercession. C’est à ce moment que j’ai commencé à mobiliser les chrétiens pour la prière et l’intercession. Ce fut les premiers pas du mouvement de prière que l’on appelle aujourd’hui Intercesseurs pour l’Ouganda.

La facilité avec laquelle Dieu répondait aux prières concernant les enjeux de la nation, comparé aux réponses aux prières personnelles, m’a vraiment interpelé. Il était évident que Dieu se souciait beaucoup plus des intérêts de la nation que nous l’avions imaginé. C’est alors que j’ai commencé à sonder les Écritures pour comprendre le cœur de Dieu pour les nations. Lorsqu’il a envoyé Jésus sur la terre, Dieu a-t-il arrêté de se soucier des nations pour ne s’intéresser qu’aux individus et à l’Église ? Dans l’Ancien Testament, nous constatons que Dieu interagit avec les individus et les nations, alors que dans le Nouveau Testament, son attention se porte sur les individus et l’Église. C’est comme si Dieu se désintéressait tout d’un coup des nations. Mais Dieu a-t-il vraiment changé ?

Or à travers nos nombreux temps de prières pour l’Ouganda, nous avons réalisé que Dieu avait toujours les nations sur son cœur !

LE ROYAUME DE DIEU RÈGNE SUR LES NATIONS

Dans l’Ancien Testament, nous voyons de nombreux exemples démontrant que le royaume de Dieu règne sur les nations. Par exemple, on peut considérer que les Hébreux qui vivaient en Égypte à l’époque de Joseph représentent l’Église vivant dans le monde d’aujourd’hui : dans le monde mais pas du monde (Jean 17). Quand Dieu a établi Joseph en position d’autorité en Égypte, II démontre que l’Église doit avoir une influence sur la nation.

On peut faire un parallèle similaire avec l’histoire de Daniel et de ses amis à Babylone. Daniel et ses compagnons représentent l’Église dans le monde. Ils vivaient à Babylone sans pour autant être des Babyloniens. Mais Dieu leur a tout de même demandé, à travers la bouche du prophète Jérémie, de prier pour la paix de Babylone et de « recherchez la prospérité de la ville (…) car de sa prospérité dépend la vôtre» (Jérémie 29:7). Tant qu’ils obéissaient à ses commandements, Dieu leur donnait une position d’autorité, démontrant ainsi son règne et sa souveraineté sur le système politique de la nation.

L’exemple de Daniel et ses amis exerçant l’autorité de Dieu à Babylone est l’un des modèles démontrant le règne de Dieu sur les systèmes politiques et les gouvernements. On constate aussi que Jérémie demande aux exilés de prier pour la paix et la prospérité de Babylone. Cette requête du prophète indique que l’activité la plus importante des croyants désirant impacter leur nation reste la prière pour la paix et la prospérité.

On peut également citer Esther et Mardochée comme troisième modèle d’autorité du royaume de Dieu sur les systèmes politiques. Esther et Mardochée représentent l’Église vivant dans le monde. Dieu leur donne une position d’autorité élevée tant et si bien que le roi les autorise à rédiger eux-mêmes un décret en son nom et à le sceller à l’aide de son anneau (Esther 8:8). Pour moi, ce passage révèle la volonté de Dieu de donner à l’Église l’autorité nécessaire pour influencer les décisions d’une nation à travers la prière et le combat spirituel.

NOTRE EXPÉRIENCE DANS LA PRIÈRE

Au cours des 40 dernières années, nous avons prié et intercédé pour notre pays. Suite à nos prières, Dieu est intervenu et nous avons pu constater l’influence de l’Église à des moments cruciaux de l’histoire de notre pays.

Les responsables des églises traditionnelles et des dénominations sont généralement en relation avec des responsables politiques. Les relations entre l’Église et les politiciens n’ont pourtant pas toujours été de nature prophétique, comme dans le cas du prophète Nathan et du roi David. Il y a bien eu quelques occasions où des évêques ont partagé ouvertement leur opinion concernant l’attitude de certains politiciens mais ces prises de position n’ont fait que fragiliser les relations entre l’Église et les responsables politiques.

Je ne crois pas que la Bible demande à l’Église d’être constamment opposée aux responsables politiques et inversement. Par contre, je crois que l’Ancien Testament nous enseigne, à travers les exemples d’interaction entre les autorités religieuses et les responsables politiques et lorsque Israël était en bons termes avec Dieu,
que ces deux institutions représentaient les deux faces d’une seule et même pièce. Dieu les avait créées de façon à ce qu’elles soient complémentaires.

Je pense qu’il s’agit également du cœur de Paul lorsqu’il appelle les responsables politiques des «autorités placées par Dieu » pour que règnent l’ordre, la croissance et la justice dans la société (Romains 13:1-7). Paul continue cet enseignement en 1 Timothée 2:1-4 lorsqu’il rappelle que lors des rassemblements d’églises, la prière pour les responsables politiques devrait être une priorité. Ce type d’intercession permet de créer un environnement propice à l’annonce de l’Évangile.

Pour notre part, nous avons remarqué qu’au fur et à mesure que nous priions pour la nation, Dieu facilitait la communication entre les responsables de mouvements de prières et les différentes sphères d’autorité politiques et civiques. De plus en plus, nous voyons plusieurs chrétiens engagés accéder à des postes politiques ou administratifs haut placés dans le gouvernement.

Plusieurs de ces chrétiens ont commencé des groupes de prière, dans leurs cabinets ou en dehors, afin que ces groupes prient pour eux et avec eux.

L’influence de ces responsables politiques chrétiens sur le pays se fait de plus en plus ressentir.

Nous avons beaucoup de témoignages de victoires remportées dans la prière, à l’image des victoires remportées par Joseph, Daniel ou encore Esther. Mais ces témoignages doivent rester secrets pour l’instant afin de ne pas compromettre le travail réalisé par ces responsables politiques chrétiens et protéger leur vie privée.

Notre pays, l’Ouganda, affiche son soutien aux principes judéo-chrétiens de manière de plus en plus assumée sur la scène internationale. Il ne s’agit pas d’un soudain désir de la part de nos responsables politiques. Non. Il s’agit d’un mouvement national qui s’est développé au fil des années de prières et grâce à l’influence de l’Église sur la nation.

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