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L’Église au pied du mur. Le diagnostic toujours actuel du prophète Esaïe. Par Jean-Marc Berthoud

L’association pour la publication et la diffusion des ouvrages de Jean-Marc Berthoud vous présente la parution de son nouveau livre

L’ÉGLISE AU PIED DU MUR

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L’Eglise au pied du mur – Par Jean-Marc Berthoud

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Éditions Messages, Pierre Benoît, 1er décembre 2018, 366 pages. 30,19 euros HT.

Le livre peut être commandé ici.

Préface

Par Pierre Berthoud,

Professeur émérite, ancien recteur de la Faculté de théologie Jean Calvin, Aix-en-Provence, France

Force est de constater que l’environnement culturel dans lequel nous baignons ne nous offre qu’une perspective essentiellement horizontale du monde et de la condition humaine. Comme le dit d’ailleurs fort bien Jean-François Mattéi, « ce qui distingue l’homme moderne des hommes qui l’ont précédé, c’est qu’il se dérobe à la transcendance, ou bien la cache au fond obscure de l’immanence, dans la droite ligne d’un sujet qui ne fait appel qu’à lui-même pour exister ». Cette approche implique un champ divisé de la connais­sance constitué de deux domaines distincts, celui de la raison et celui de la foi, qui ne peuvent se rencontrer. Il s’ensuit que la religion a pour vocation de se déployer dans la sphère de la foi et en particulier dans celle de la vie privée. Comme la liberté religieuse est acquise au sein de nos démocraties modernes, les individus peuvent exprimer leurs croyances et leur appartenance religieuses y compris sur la place publique, mais à condition de ne pas provoquer de désordre au sein de la cité. Concrètement cela signifie qu’à des degrés divers et selon les démocraties, la notion de la séparation entre la religion et l’État est colorée par cette perspective. Certes, les religions sont le plus souvent au bénéfice de la neutralité de l’état et de la place publique, mais lorsqu’il s’agit de la gestion de la cité, cela relève de la responsabi­lité autonome et exclusive de l’État, sans aucun apport des religions y compris de la foi chrétienne. Ceci est exprimé très clairement par Luc Ferry lorsqu’il précise ce qu’il entend par laïcité. Le philosophe, qui par ailleurs est plutôt bien disposé envers le Christianisme, argumente que la caractéristique des « espaces démocra­tiques et laïcs » dans notre monde contemporain c’est « la fin de l’enracinement des normes et des valeurs collectives dans un univers théologique. » Tel est l’héritage que nous lèguent le siècle des Lumières et la Révolution française, « la fin du théologico-politique. » Désormais, le droit est « conçu et promulgué par et pour les êtres humains, à partir de leur raison et de leur volonté censées prendre en vue l’intérêt général. » Il n’est donc plus « dérivé des textes religieux. » Ainsi, le philosophe français résume « l’essence véritable de la laïcité » par cette formule lapidaire : « c’est… l’humain qui fait loi », que ce soit dans les domaines culturel, éthique, politique, économique et social.

Si, à l’image de nos contemporains, nous adoptons la rupture nouménale mentionnée plus haut, et, hélas, bien des chrétiens ont choisi cette voie, la cause est entendue. Il suffit de se mouler dans le consensus culturel actuel tout en confessant sa foi personnelle. Par contre, si on souscrit à un champ unifié de la connaissance que suppose la foi chrétienne historique, nous sommes face à un défi majeur que le Seigneur lui-même nous appelle à relever, car la vision chrétienne globale ne se présente pas comme un discours religieux qui serait déconnecté de la réalité. Bien au contraire, elle éclaire tous les aspects du monde, de la condition humaine et de la cité. Elle refuse donc la dichotomie entre la réalité mesurable et l’illusion/foi religieuse. Cette vérité divine est donc accessible à l’intelligence sans que l’être humain puisse prétendre à une connaissance exhaustive. Tout en soulignant son caractère personnel, elle se démarque du relativisme et du subjectivisme de la perspective ultramoderne. Il s’ensuit que la proclamation de l’Évangile inclut sa défense contre les attaques dont il est l’objet et l’établissement de sa crédibilité philosophico-religieuse, historique et rationnelle. Cette approche ne met nullement en cause une démarche de foi authentique. Elle lui donne au contraire une assise solide.

Dans l’ensemble de ses prédications, dont la richesse de contenu et l’étendue de la perspective dépassent largement ce genre littéraire, Jean-Marc Berthoud cherche à relever ce défi avec courage et lucidité, tout en soulignant l’actualité de la Parole du Seigneur incarnée par le discours et la vie d’Ésaïe. Pour ce faire, il montre comment les oracles du prophète se situent dans le contexte des alliances créationnelle et rédemptionnelle initiées par le Seigneur de l’univers. Ce cadre posé, l’auteur, en se livrant à une exposition systématique des textes étudiés, nous fait découvrir la manière dont la parole-loi de Dieu éclaire non seulement la vie de la cité du VIIIe Siècle avant J.-C. aux prises avec les grandes puissances de son époque, mais aussi notre monde contemporain qui a choisi de rompre avec l’héritage judéo-chrétien. Plus on approfondit les écrits bibliques, plus ils se révèlent d’une bouleversante actualité et habités par une espérance qui ne trompe pas, puisqu’enracinée en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, la clef de toute l’histoire de la révélation et de l’histoire grandiose de la rédemption divine. En effet, c’est à l’ensemble de la vie de la cité que le porte-parole de Dieu s’adresse, la vie personnelle, ecclésiale, culturelle et religieuse, politique et cosmique.

Le théologien de Lausanne insiste avec force sur la sainteté de Dieu, sa justice qui entraîne le jugement de ceux qui se sont révoltés contre leur ultime Vis-à-vis, et sa bienveillante loyauté qu’il adresse dans sa grâce à tous ceux qui le cherchent, se repentent et se confient en lui. Son discours est par moment rude et sévère, surtout lorsqu’il pose un regard sur la situation dramatique de notre monde contemporain, et comparable à des coups de massue qui peuvent même choquer ! La finalité d’un tel discours n’est pas d’écraser, mais d’obliger à voir la réalité à la lumière du regard divin et d’inciter à une réflexion qui suscite une prise de conscience à salut et une fidélité renouvelée. Sa démarche est comparable à celle de Calvin qui affirme explicitement que « …c’est de cette manière qu’il nous faut réveiller les hypocrites ; plus ils se flattent eux-mêmes et moins ils règlent leurs voies sur la crainte de Dieu, plus nous devrions jeter contre eux les foudres de la Parole. Car, sur de telles personnes une manière plus modérée de s’exprimer ne produirait aucun effet et une exhortation normale ne les toucherait même pas ».

En soulignant le troisième usage de la loi, si cher à la Réforme calvinienne, Jean-Marc Berthoud invite à repenser la nature de notre engagement dans la cité. Le Dieu trinitaire est Seigneur de l’Église comme de l’État et sa sagesse a été donnée pour éclairer les deux institutions, pour préciser leurs mandats respectifs bien distincts et pour baliser les voies que chacune est appelée à suivre en assumant pleinement leurs responsabilités particulières sous le regard de Dieu. Cet aspect de la pensée de notre auteur sera sans doute controversé, mais si nous voulons voir une renaissance de la foi chrétienne en Europe, cette question se doit d’être abordée sans pour autant négliger l’évangélisation et l’implantation de nouvelles Églises. Certes il y a des divergences, parmi ceux qui ont une vue haute de l’autorité des Écritures, quant à la manière d’interpréter et de mettre en pratique la loi divine à la lumière de la venue du Messie, mais cette diversité ne peut qu’enrichir le débat sur ce sujet si important et complexe.

D’autres aspects de ces études stimulent et enrichissent la réflexion en ouvrant de nouvelles perspectives. Je pense en particulier à la manière dont l’auteur remet systématiquement les textes qu’il étudie dans leur contexte historique. Par ailleurs, il n’hésite pas à faire référence à l’histoire occidentale, y compris contemporaine, pour étayer un argument ou montrer la pertinence de la parole divine. Sa connaissance de la littérature, ses repérages philosophiques et scientifiques ainsi que ses références aux textes chrétiens depuis les Pères de l’Église jusqu’aux auteurs contemporains sont autant d’atouts dans son discours. On peut cependant s’étonner que l’influence de la perspective chrétienne sur l’avènement de la science moderne ne soit pas davantage mise en évidence.

Le champ unifié de la connaissance, une des colonnes de l’orthodoxie chrétienne, permet de mettre en évidence le langage imagé, symbolique et analogique du prophète Ésaïe. C’est ainsi que la soif physique évoque la soif de l’âme, la soif spirituelle dans le chapitre 55. C’est un élément capital du discours prophétique ! Mais faut-il opposer les langages analogique et abstrait, scientifique ou technique qui opèrent sur un autre registre ? Ce à quoi il faut résister c’est l’idolâtrie que ce dernier peut véhiculer. L’auteur le fait d’ailleurs très bien !

Il peut sembler surprenant que ce soit le frère de Jean-Marc qui ait rédigé cette préface ! C’est une manière pour nous d’exprimer notre respect et notre estime mutuels, et de reconnaître les ministères différents que le Seigneur nous a adressés. C’est aussi l’occasion pour nous de témoigner que c’est la doctrine apostolique dont l’apex est Jésus-Christ qui nous unit. Il existe entre nous des désaccords qui ont donné lieu à des débats animés, mais ces échanges ont toujours été enrichissants, car ils nous poussaient à approfondir et élargir notre réflexion, et à sonder encore plus les Écritures afin de mieux comprendre cette sagesse divine qui éclaire tous les aspects de la pensée et de l’existence humaine. Nous sommes tous les deux animés par cette même passion qui consiste à communiquer l’Évangile à nos contemporains, avec la sagesse, la créativité et la puissance que donne le Saint-Esprit. Cet Évangile qui s’articule autour du célèbre motif, création, chute, rédemption auquel il est possible d’ajouter pour compléter le tableau, résurrection, transfiguration et glorification. C’est ce conseil glorieux et majestueux, révélé au prophète Ésaïe, dans lequel la justice et la bienveillante loyauté du Seigneur se rencontrent en Jésus le Christ, que les prédications de Jean-Marc nous permettent une nouvelle fois d’approfondir un peu plus (Romains 8 : 19-25).


Un chapitre entier du livre peut être lu ici.


Table des matières

Avant-Propos

Préface de Pierre Berthoud

Introduction

Les rôles respectifs de l’État et de l’Église, et celui du chrétien dans la vie de la cité tels que Dieu les a établis

  • L’exagération de l’importance de ces questions
  • Non pas deux pouvoirs, mais quatre pôles vers lesquels tendent les deux pouvoirs spirituels et temporels
  • Quelques exemples bibliques, historiques et actuels illustrant ces vingt thèses

Chapitre I : Comment la cité fidèle est-elle devenue une prostituée ? Ésaïe 1 : 1-30

Exorde

Introduction

  1. La dénonciation du péché de Juda et de Jérusalem
  2. La certitude du Jugement de Dieu adressée au peuple de Dieu
  • Le péché spécifique de Juda et de Jérusalem
  • Le culte
  • La prière

3. Le jugement de Dieu : salut pour les uns, destruction pour les autres

Conclusion. Le jugement est certain, mais la miséricorde aussi.

Chapitre II : L’Humanisme. La confiance en l’homme. Ruine des nations – Ésaïe 3 : 1-26– 4 : 1

Remarques préliminaires

Introduction

  • Le jugement de Dieu sur les sociétés et les nations qui mettent leur confiance en l’homme
  • Dieu leur enlève tout appui
  • Dieu enlève les appuis matériels
  • Les appuis structurels enlevés
  • La disparition des structures saines de la société – l’injustice et l’anarchie
  • Dieu dresse le constat de l’état du Royaume de Juda et prononce son jugement
  • sur ceux qui conduisent la nation à la destruction
  • Le gouvernement des gamins
  • Conflits et anarchie
  • Aucun remède
  • Le constat de Dieu sur l’état de la nation
  • Le féminisme : image actuelle de l’humanisme.
  • Les effets corrupteurs sur le comportement des femmes d’une telle confiance des dirigeants de Jérusalem et de Juda en l’homme
  • Le féminisme, pendant nécessaire de l’humanisme

Chapitre III : Israël, la parabole de la vigne de l’Éternel Ésaie 5 : 1-30

Introduction

  1. La parabole de la vigne de l’Éternel
  2. L’explication de la parabole. Les six malheurs

Les six malheurs d’Ésaïe sur Israël infidèle

  • Premier malheur
  • Deuxième malheur
  • Troisième malheur
  • Quatrième malheur
  • Cinquième malheur
  • Sixième malheur
  • Les châtiments de Dieu
  1. Le jugement de Dieu, un feu dévorant comme de la pourriture
  2. La colère de Dieu ne se retire pas
  3. Une nation justicière implacable ; une armée redoutable d’efficacité
  4. L’instrument du jugement de Dieu, un lion rugissant
  5. Le grondement de la mer appelle les ténèbres et l’angoisse de la fin du monde

Chapitre IV : L’Église au pied du mur.

Première partie

Le combat de toujours de l’Église de Dieu et la chute de Samarie – Ésaïe 28 :1-7

Introduction générale

  1. Première remarque
  2. Deuxième remarque

Propos préliminaires

3. Introduction historique

Israël

Juda

4. La situation géopolitique du Moyen-Orient au temps d’Ésaïe
L’Égypte et l’Assyrie

5. Destruction de Samarie et du Royaume d’Israël

6. Qu’est-ce que l’Alliance ?

Chapitre V : L’Église au pied du mur.

Deuxième partie

Les jugements contre Jérusalem et contre le royaume de Juda – Ésaïe 28 : 8-22

  1. Ivresse des prêtres et des prophètes
  2. Moquerie des prêtres
  3. La réponse de Dieu
  4. Une alliance avec la mort
  5. La pierre angulaire
  6. L’œuvre étrange de Dieu

Conclusion

Chapitre VI : L’Église au pied du mur.

Troisième partie

Le jugement de Dieu et son œuvre de rédemption Ésaïe 34 et 35

Prologue

  1. Le chemin de la malédiction : l’apostasie des nations Ésaïe 34 : 1-17
  2. Convocation des nations au Tribunal de Dieu
  3. Convocation de la terre elle-même au Tribunal de Dieu
  4. Jugement de l’apostasie : un exemple, Édom
  5. i) Qui est Édom ?
  6. ii) L’épée

iii) Le feu
iv) Le désert
v) Retour des animaux sauvages
vi) Le chaos social
vii) Retour à l’état de nature : fin de toute civilisation
viii) Tout cela vient de Dieu !

7. Le chemin de la bénédiction : la grâce de Dieu envers son peuple Ésaïe 35 : 1-10

8. Un chant d’allégresse : le désert fleurira

9. La vision de Dieu

10. Effets de la vision de Dieu
Conclusion

Chapitre VII : L’Église au pied du mur.

Quatrième partie

Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle

L’Église de Dieu, une Église victorieuse. Ésaïe 36 et 37

Introduction

  1. Le combat d’Ézéchias pour la sanctification du Peuple de Dieu
  2. Efforts d’Ézéchias pour sauver Jérusalem
  • Discours arrogants et blasphématoires du Rabshaqé

3. Ézéchias dans sa détresse s’adresse à Ésaïe

4. Réponse de Dieu

Dieu commence à intervenir visiblement contre l’Assyrie

Délivrance de Dieu

Chapitre VIII : Le salut de Dieu en Jésus-Christ Ésaïe 52 : 13 à 53 : 12

Introduction

  1. L’abaissement et l’élévation du Serviteur
  2. Les souffrances et la mort du Serviteur
  • L’exaltation et la victoire finale du Serviteur (Ésaïe 53 : 10-12)

Chapitre IX : Comment entrer dans la nouvelle Jérusalem, dans la Sion restaurée, dans l’Église ?

Ésaïe 55 : 1-13

Introduction

  1. L’appel de Dieu
  2. Présentation du Sauveur
  • Il est le Témoin des peuples
  • Il est le Conducteur, le Commandant des peuples
  • Il appelle une nation qui ne le connaît pas et qui accourt à lui
  • Il le fait à cause de l’Éternel, du Dieu d’Israël, à cause de Celui qui est aussi le Dieu des nations
  • Comment venir à Dieu ?

3. Efficacité de l’action du Dieu transcendant

4. Les conséquences cosmiques du salut

Chapitre X : Du faux jeûne au vrai sabbat – Ésaïe 58 : 1-14

Introduction

  1. Un faux jeûne
  2. La vraie piété
  3. La résistance au mal
  4. L’action de bonté envers son prochain
  5. Les récompenses d’une véritable piété

Conclusion. Le sommet du culte véritable rendu à Dieu, la célébration du Jour de l’Éternel, le Sabbat de Dieu

Chapitre XI : Le comble du mal et la réponse de Dieu Ésaïe 59 : 1-21

Introduction

  1. Dieu ne change pas. C’est son peuple qui le trahit
  2. Dieu reste fidèle à lui-même
  3. La séparation vient des hommes
  4. Dieu cache sa face
  5. Dieu n’écoute plus
  6. Une nation entièrement corrompue
  7. Bilan général
  8. Le système judiciaire utilisé pour promouvoir le mal
  9. Le cœur totalement corrompu
  10. Deux illustrations
  11. Caractère des méchants
  12. Conséquences morales de cette généralisation du mal
  13. Examen des causes du désastre

1/ Situation objective

2/ De quelles fautes s’agit-il ?

3/ Quelles conséquences pour la vie publique ?

14. Les réponses de Dieu

  • Jugements
  • Délivrance

Bibliographie

Index biblique

Index nominatif

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